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Economie solidaire - Solidarity Economy

Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /2007 21:08
guilde.jpg Un lieu commun concernant les petits commerçants est qu'ils sont tous poujadistes, c'est à dire finalement réactionnaires. Le petit commerçant defendrait une économie capitaliste, fondée sur le profit, parce qu'au fond de lui-même, il n'aurait pas renoncé au rêve de devenir riche dans le système de la libre entreprise, même si la réalité du petit commerce n'est pas souvent florissante.

Des commerçants de Belgique viennent de démontrer qu'on peut être commerçant et défendre une économie au service de l'homme, c'est-à-dire une économie sociale  et solidaire.  Ces commerçants ont formé, en Belgique francophone, une "guilde".

Voici comment ils présentent leur movement :


Autrefois, dans les villes, les commerçants se rassemblaient par type de métier : la guilde des bouchers, des drapiers, des tanneurs…
Aujourd’hui, des associations, sociétés ou indépendants de votre région se rassemblent autour d’une façon de pratiquer leur métier, autour de valeurs qu’ils défendent au jour le jour : la Guilde des commerçants pour le développement durable et solidaire.
 
Tous ces commerçants, membres de la Guilde, s’engagent à travailler dans le respect de valeurs inscrites dans une Charte commune. Ils garantissent ainsi à leurs clients qu’en dépensant leurs sous chez eux, ils encouragent un développement durable et solidaire.
 
SAW-B (Solidarité des alternatives wallonnes et bruxelloises) développe, grâce au soutien de divers partenaires, le concept de la Guilde en Belgique francophone : Bruxelles, Namur, Ottignies, Chimay, Charleroi, Mons, Sud-Luxembourg et Liège.

Les trois axes dans lesquels cette guilde s'accorde à progresser, sont les suivants :

  • Développement environnemental  : activités centrées sur la production de biens et de services pour lesquels la préservation ou la promotion de la qualité de l'environnement ont un caractère central. Une attention particulière est accordée aux circuits courts.
  • Développement du commerce équitable  : activités centrées sur la production et la commercialisation de biens et de services garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud, afin de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial.
  • Développement social : activités centrées sur la finalité sociale : insertion professionnelle de travailleurs fragilisés, mesures particulières d'accompagnement, de participation et d'aménagement des conditions de travail.
Voici un lien vers leur site, pas encore totalement achevé.

Affaire à suivre, Mesdames, Messieurs...
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Economie solidaire - Solidarity Economy - Communauté : Vivre bien autrement !
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Vendredi 13 juillet 2007 5 13 /07 /2007 00:50
D'inquiétantes informations font état de la fermeture définitive du café resto librairie La Passerelle, près de la rue Saint-Maur dans l'Est de Paris :

En avril de cette année, les salariés faisaient déjà circuler cette information :

« La Passerelle » - Café resto librairie

Lieu atypique par excellence, où l'on respire la fraternité, la solidarité, l'égalité et le respect de
la dignité humaine. Durant toutes les étapes de la vie de « La Passerelle », tes salariés se sont
investis humainement et ont fait de ce lieu un endroit pas comme les autres sur Paris.
Les valeurs d’équité, respect, tolérance, confiance, solidarité véhiculées par les activités de ce lieu ne sont appliquées que trop rarement en interne. Des remarques du genre « Estimez-vous heureux qu'on vous donne un emploi et un salaire, vous êtes mieux payés qu'ailleurs » ou « De toute facçon, tu n’es qu’un salarié, et un salarié est tenu de faire son travail contre un salaire, et c’est tout » !

Les salariés ont droit à plus d'estime et de respect car ils ont contribué au développement de cette entreprise. Ils réclament une certaine transparence dans les projets d'avenir de cet établissement (notamment quant au processus actuel de vente de « La Passerelle »), de la communication, du dialogue social, l'arreêt du double discours (patrons «militants» prônant des discours libertaires sans politique sociale), une relation de confiance ...

Nos revendications :
* une revalorisation substantielle de nos salaires ;
* un véritable droit à la formation professionnelle ;
* une participation aux bénéfices auxquels les salariés ont largement contribués ;
* un véritable dialogue social ;
* une transparence concernant l’avenir des salariés dans le cadre de l’actuel processus de vente de « La Passerelle ».

Fin juin, la situation s'est visiblement dégradée, le ton est monté, et une petition est en circulation :

Pétition après la fermeture du lieu

Le ton a monté :

A l'attention de : Joao Alvaro - Responsable Associatif - Mairie de Paris 11°

Chers clients, habitués, voisins, militants associations et “Amis de La Passerelle”.
Nous vous informons :

Ce café militant vient d'être frauduleusement vendu à un restaurateur japonais. 
Les serrures ont été changées sans avertir ni les salariés ni Caroline, associée et salariée de La Passerelle.

Mardi 26 juin 2007, l'équipe s'est retrouvée sur le trottoir devant le fait accompli.
Les auteurs de cette escroquerie sont le gérant Jeff et l'associée Mayo.
Ils n'étaient pas là pour expliquer leur brigandage.
C'est par les nouveaux occupants bouddhistes que nous avons appris cette malversation.

Oh le vilain Jeff Mayonnaise qu'il a un karma tout crado !
Déjà qu'il mélangeait la bière du leaderprice avec de la bio pour remplir ses poches avides,
au mépris des regards interloqués de ses salariés à qui il doit des heures supp'

aïe, aïe, aïe

Un élu de la mairie du XI est venu constater les faits ;
un délégué syndical de la CGT est venu se rendre compte de la situation des salariés ;
une main courante a été déposée au commisariat,
le conseil des prud'homme a été saisi ;
les avocats sont à l'oeuvre.

Et nous militants des associations amies de La Passerelle
nous allons montrer à Jeff qu'il n'est qu'un sushi..
 
C’est pourquoi nous vous invitons à :
-Signer la pétition de soutien en ligne (lien ci-dessous). 
-Vous mobiliser devant La Passerelle, tous les jours entre 16h et 18h.
-Envoyer vos témoignages par mail, ils seront ajoutés au Blog.
-Envoyer vos lettres de soutien à Joao Alvaro,
Responsable associatif, à la Mairie du 11°.

Jeffon Le Fourbe saura qu'il a frappé à la bonne auberge !

Nous demandons la sauvegarde de ce lieu culturel et militant, atypique par excellence,
point de rencontres et d’échanges pour plusieurs centaines d’associations, musiciens, écrivains, poètes, réalisateurs et individus en tout genre qui ont fait de ce lieu un endroit pas comme les autres sur Paris,
où l'on respirait la solidarité, la fraternité et la tolérance.

Les San Ku Kaï de La Passerelle




Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Economie solidaire - Solidarity Economy - Communauté : La communauté des communautés
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /2007 12:12
Pour la 2ème année consécutive, la Municipalité du XIe arrondissement de Paris organise les

Portes Ouvertes de l’Economie Sociale et Solidaire

Parmi les manifestations, toutes intéressantes, j'ai notamment relevé pour vous :

Un débat organisé par l'Espace Info Energie du 11e

"Agir solidaire pour l'environnement : des gestes simples et solidaires pour réduire notre impact sur la planète (autopartage, achats solidaires, recyclage, transports doux, compensation du CO2...)"

Vendredi 12 octobre de 18h30 à 20h00

Entrée Libre Réservation conseillée par email : eiee1120@eie-idemu.org
http://www.idemu.org/eie/eie.htm


Espace Info Energie
19 bis rue de l'orillon 75011 Paris
01 47 00 56 46
M° Belleville ou Goncourt


Le Marché sur l'Esplanade de la Mairie du XIe arrondissement - Place Léon blum

De 10 heures à 17h30 - Marché de l’économie sociale et solidaire.
Vous y découvrirez les produits des commerces équitables, les actions menées par les associations (culture, entraide, environnement, santé….), mais également les prestations de services mises à votre disposition.


Un rallye pédestre de l'économie solidaire dans le XIe

Samedi 13 octobre à partir de 14 heures - Découverte de l’économie solidaire dans le XIe à travers ses acteurs, ses pratiques et ses valeurs.
Par équipe de 4 à 6 personnes, partez à la découverte du XIe sous une forme ludique et stimulante. Equipés d’un carnet de route et de plein d’énergie, vous devrez rencontrer des acteurs de l’économie solidaire, résoudre des énigmes, faire marcher votre imagination et puiser dans vos connaissances pour répondre aux multiples questions et épreuves, le tout en temps limité ! Top chrono…

En pratique :
Rallye pédestre organisé par l’association ça se visite !
Durée du rallye : 3h/3h30
Inscription gratuite et départ le samedi 13 octobre 2007 entre 14h à 14h30 – à l'AGECA (177 rue de, Charonne).


Des débats en Salle des Mariages - Mairie du XIe arrondissement - Place Léon blum

Samedi 13 octobre

A 15 heures - projection d’un film sur l’économie solidaire et sociale, suivi d’un débat : "Si je vous dis : économie sociale et solidaire ? », un film de Pierre GADREY et de Marie-Christine DUCHALET

A 17 heures - Débat sur comment entreprendre ensemble dans nos quartiers. Initiatives solidaires et citoyennes.

Et pour les technophiles, une alternative aux logiciels commerciaux : Install Party Ubuntu

Le dimanche 14 octobre à partir de 14 heures - « Install Party à l'AGECA: découvrez Ubuntu, un système d'exploitation gratuit, simple à installer et à utiliser. Si vous venez avec votre ordinateur (PC / Mac / portable), nous vous aiderons à l'installer (compatibilité avec Windows).
Démonstration de logiciels.

Plus d'informations sur www.ageca.org
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Economie solidaire - Solidarity Economy - Communauté : Vivre bien autrement !
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Vendredi 30 novembre 2007 5 30 /11 /2007 00:03
Le jeudi 22 novembre, à l'occasion des 3e journées d'études et de mobilisation des Ecossolies* de l'année 2007 à Nantes, j'ai été interviewé par la rédaction de Radio Fidélité. Le sujet de l'interview était la consommation responsable.

A la veille de Noël, il est important de consommer responsable, c'est à dire de consommer mieux, de consommer juste. Les fêtes sont un moment de convivialité pour les familles, mais sont aussi la cible des grandes enseignes et des grandes marques. Elles ont donc tendance à être le moment de paroxysme de notre société de sur-consommation.

La consommation responsable propose à chacun d'être responsable de ses actes d'achat, et de s'intérroger sur l'origine, les méthodes de production, de distribution et de vente des produits qu'il achète.
L'important, c'est le plaisir du partage et la convivialité.


ecossolies-copie-2.jpg * Les Ecossolies sont depuis 5 ans un processus de partage et de promotion de l'économie sociale et solidaire à Nantes et sa région. Cette économie met l'être humain et l'utilité sociale et écologique au centre de l'acte économique, et fait de chacun un acteur de l'écnoomie.

13% des salariés dans les Pays de la Loire travaillent pour ce type d'économie.


Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Economie solidaire - Solidarity Economy - Communauté : Je rêve d'un autre monde.
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Samedi 22 mars 2008 6 22 /03 /2008 21:03
Jusqu'à récemment "économie solidaire" était un terme difficile à traduire dans les langues non-latines, notamment en anglais.  D'abord parce que les anglo-saxons utilisent pour leurs pratiques d'autres expressions, qui insistent plus sur le concept de collectif ou "community", et ensuite parce que le mot "solidarity" ne se décline pas en adjectif.

Ce terme désigne des pratiques comme la finance solidaire, les services de proximité, les systèmes d'échange locaux ou le commerce équitable, qui placent l'être humain et le respect de l'environnement avant le profit financier. L'économie y est vue comme un simple outil au service du bien-être et de la santé des humains et de la planète.

On utilisait plutôt en Amérique du Nord "community-based practices" ou "community economics".  En Inde, le Forum Social Mondial de Mumbai en 2004 a montré que c'était le concept de "people's economy" qui prévallait.

Ces différences d'usage linguistique traduisent également la difficulté qu'ont des réseaux basés sur des cultures et des pratiques un peu différentes pour s'inter-connecter.  On commence maintenant à utiliser "solidarity economy" dans les pays anglo-saxons.

Le Forum Social des Etats-Unis d'Amérique à Atlanta en juin-juillet 2007 a cependant été l'occasion d'une rencontre entre mouvements états-uniens, canadiens et autres se réclamant de l'économie solidaire.  Il faut dire que le Québec est un des fleurons de l'économie sociale et solidaire. Ce débat est retranscrit dans un ouvrage qui vient de paraître (ci-dessous).

Résultat de ce processus, la semaine dernière les réseaux d'économie solidaire des Etats-Unis  (USSEN), du Canadáa anglophone (CCEDNET) et grancophone (GESQ), membres du Réseau Nord-Américain d'Economie Solidaire (NANSE) ont décidé de se constitué comme RIPESS d'Amérique du Nord.  Le RIPESS est un mouvement international des promoteurs de l'économie sociale et solidaire, qui se réunit tous les quatre ans depuis 1997 à Lima, Québec (2001), Dakar (2005.  La prochaine rencontre internationale aura lieu à Luxembourg au printemps 2009.

Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Economie solidaire - Solidarity Economy - Communauté : Je rêve d'un autre monde.
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /2008 13:57
J'aimerais vous faire part d'une initiative que je trouve très intéressante, pour la mutation espérée de nos sociétés.

Il s'agit de compter la richesse autrement que financièrement. La richesse, c'est aussi le lien social, la santé, la beauté et la joie. Il y a d'innombrables histoires de personnes dites "riches" qui n'ont de richesse qu'extérieure, qui vivent et terminent seule et dans une course perpétuelle qui n'est pas le bonheur.



Si nous voulons que nos enfants vivent dans autre chose qu'un monde de compétition, d'individualisme, de fuite perpétuelle de soi vers des signes extérieurs de richesse matérielle, ou vers une course au statut, il est essentielle que nous commencions à comptabiliser réellement les richesses sociales produites ou détruites par nos activités. Et bien sûr aussi les richesses écologiques.

C'est là l'idée du "produit intérieur doux", relationnel, qui s'oppose au PIB d'un monde de brut, ou seul l'argent compte.  Des initiatives sont à l'oeuvre dans de nombreux pays, et notamment en France, pour compter scientifiquement, et de façon participative, le bien-être social et écologique.  Cette journée permet d'en avoir un aperçu tout en restant hautement convivial et ludique, comme la plupart des personnes qui portent ces initiatives, et dont beaucoup seront présentes :

C'est à Mains d'Oeuvres, Saint-Ouen (93), au métro Porte de Clignancourt.
(suivez le lien pour un plan d'accès).



Fête de toutes les richesses
Samedi 29 mars, de midi à minuit, entrée libre

Ateliers participatifs et pédagogiques, de 14h à 19h
Prises de parole, pratiques artistiques et expérimentations sensibles. De quoi mesurer la différence entre ce qui compte pour les êtres humains et ce que l’on compte.
Espace jeune public, de 14h à 19h,
Jeux sur le partage des richesses, pour les enfants de 6 à 12 ans.
Spectacle à partir de 4 ans (théâtre, musique, marionnettes)
Débat « Mesure et démesure de la richesse » de 17h à 19h
Comment construire collectivement une nouvelle représentation de la richesse et les outils et indicateurs pour l’accompagner ?
Avec Dominique Méda, Danielle Mitterrand, Jean Gadrey et Jean Fabre.
Débat animé par Patrick Viveret
Pendant le débat, spectacle pour les enfants « Vu de la Terre » sur le thème de la Terre et notamment de son avenir (biodiversité…)
Espace ressources : livres, informations, courts-métrages et films sur différentes initiatives.

19h30, spectacle « Le Radeau de la Monnaie »

21h30, concert- Pour finir en beauté le printemps des richesses venez danser à partir de 21h30 sur la samba des racines. Une énergie à couper le souffle et une générosité qui font du bien. Les musiciens se retrouvent autour d’une table pour faire la fête en musique. Ca joue du samba de raiz (samba des racines), et autres percussions brésiliennes avec des compositions originales mais aussi des reprises des grands airs sambistes …. C’est flamboyant.

Voir aussi le site du Produit Intérieur Doux.
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Economie solidaire - Solidarity Economy - Communauté : Je rêve d'un autre monde.
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Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /2009 21:52
Depuis le 1er Forum Social Mondial, en janvier 2001 à Porto Alegre (Brésil) l’importance et la visibilité de l’économie sociale et solidaire dans le mouvement pour une autre mondialisation vont croissantes. A chaque édition du FSM des centaines de séminaires réunissant les réseaux de ce mouvement ont lieu, ainsi que des ateliers thématiques et autres rencontres sur l’économie sociale et solidaire. Ce mouvement participe pleinement à son niveau au succès des forums sociaux, événements plus larges que ceux organisés par l’ESS elle-même, et qui lui donne l’occasion de rencontrer d’autres types de mouvements.

Les thèmes discutés et les témoignages apportés sont assurément divers : commerce équitable, finances solidaires, démocratie et développement local, autogestion des entreprises, coopératives, économie populaire, monnaies sociales, indicateurs de richesse, auxquels s’ajoute maintenant : modes de développement soutenable, stratégies face à la crise financière internationale, entre autres. Les débats sont de plus en plus riches année après année.
L’économie sociale et solidaire s’ouvre également davantage aux mouvements sociaux : syndicalisme, mouvements de femmes, souveraineté alimentaire, pour les droits économiques, sociaux et culturels, etc. Cela inaugure bien de la préparation de la 4e rencontre Globalisation de la Solidarité en avril 2009, malgré les difficultés originelles de sa préparation.

Présence au FSM de Belem

L’économie sociale et solidaire était bien présente au Forum Social Mondial 2009. Ses principaux organisateurs, le Forum Brésilien d’Economie Solidaire, le Réseau Intercontinental des Promoteurs de l’Economie Sociale et Solidaire (RIPESS, officiellement constitué en 2004, en prolongement des forums Globalisation de la Solidarité), l’Organisation Mondiale du Commerce Equitable (IFAT), INEES (organisation luxembourgeoise qui doit accueillir la prochaine rencontre du RIPESS) et le Fondation France Libertés, notamment, ont organisé plus de 115 ateliers et séminaires. Des milliers de personnes étaient présentes à ces ateliers et séminaires.

Le RIPESS était officiellement représenté pour la première fois au Forum Social Mondial 2004. Mais c’est au FSM de Nairobi en 2007 qu’il a présenté pour la première fois un programme fort et articulé, avec une centaine d’organisations. Pour Belem, son objectif était d’affirmer la confluence de l’économie solidaire avec d’autres réseaux et mouvements sociaux.  

Les activités proposées à Belem ont connu un franc succès. La conférence du 30 janvier, proposant un dialogue avec les réseaux et mouvement sociaux, a eu 180 auditeurs dans une salle prévue pour 120. Les participations croisées ont été nombreuses, plus encore que d’habitude, affirmant l’esprit d’ouverture de ce mouvement. Plusieurs mouvements et coalitions internationales (Tax Justice Movement, Our World is Not for Sale, etc.) se sont ainsi associés au mouvement de l’ESS, dans la recherche d’alternatives et de solutions à la crise.

Mondialisation du mouvement de l’économie solidaire


Le Forum Social Mondial 2004, qui avait lieu pour la première fois sur le continent asiatique, à Mumbai en Inde, a été l’occasion, dans sa préparation et sa tenue, de trouver un langage commun entre les mouvement sociaux impliqués dans l’économie en Occident et en Asie du Sud et Sud-Est. Une partie importante de la « people’s economy » indienne s’est ainsi retrouvée et connectée au mouvement de l’économie sociale et solidaire, tel qu’il s’était construit au Québec, en Amérique latine et en Europe. Puis c’était au tour de l’Afrique de regrouper les initiatives se reconnaissant dans ce mouvement, à l’occasion de la troisième rencontre du RIPESS « Globalisons la Solidarité » en novembre 2005 à Dakar, qui fut un moment marquant de convergence et d’élargissement de ce mouvement, sous le slogan « Renforcer le pouvoir d’agir des peuples ».

 
L’impulsion donnée en Asie s’est poursuivie sur sa lancée, puisque tous les deux à trois ans (2004, 2007…) a lieu en Asie du Sud-Est l’Asian Forum for Solidarity Economy, partie intégrante du mouvement international de l’économie sociale et solidaire.

Le monde anglo-saxon pour sa part connaît des mouvements très importants actifs soit dans le plaidoyer par rapport aux politiques économiques, soit dans le « développement communautaire ». Malgré la proximité géographique avec le Québec et l’Amérique centrale, culturelle avec l’Europe, le concept d’ « économie solidaire » y trouvait peu d’écho ou d’équivalent. En 2007, se forme pourtant un début de réseau d’économie solidaire aux USA, l’année du premier forum social de ce pays. Le Forum Social Mondial de Belem a été l’occasion d’affirmer l’existence de ce réseau, qui pourrait être porteur de propositions pour l’ensemble du mouvement.

Logo du RIPESS, depuis la rencontre de Dakar 2005

 
Préparation de Lux 09

La prochaine rencontre internationale des réseaux d’économie sociale et solidaire (4e rencontre « globalisation de la solidarité ») aura lieu du 22 au 25 avril 2009 au Luxembourg. Le slogan pour cette édition est : « Une autre économie existe : les innovations de l'économie sociale et solidaire ». Un comité de pilotage se réunit régulièrement depuis 2 ans pour la préparer. 12 thèmes ont été choisis, et sont coordonnés par des organisations de l’ESS. Des mécanismes de solidarité sont prévus pour la participation d’organisation du Sud.

Une présentation a été faite à Belem de la rencontre Lux 09, et plusieurs nouvelles organisations ont adhéré au processus proposé par le comité de pilotage. Par exemple RENAPESS (Mali) et le Réseau Canadien de Développement Communautaire ont proposé d’organiser des ateliers en collaboration avec d’autres organisations. Cela devrait permettre à ce partenaire du Sud de mobiliser des fonds pour les délégations africaines à Lux 09. D’autres organisations, comme Caritas, le CCFD, les Maristas, ont affirmées être intéressés à soutenir les délégations du Sud.


La programmation Lux 09 prend forme, et plusieurs organisations ont respecté les délais pour soumettre des propositions.  Le dialogue en ligne n’est pas aussi dynamique que souhaité, mais l’organisation des forums a cependant été allégée, et son efficacité accrue devrait faciliter la participation. http://forum.lux09.lu/

Cet article a été repris par le réseau APRES-VD (réseau vaudois de l'économie sociale et solidaire,
Par le portail de la société civile au Maroc E-Joussour, et sans doute par d'autres sites Internet.

 
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Economie solidaire - Solidarity Economy - Communauté : Vivre bien autrement !
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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /2009 20:47
Du 22 au 25 avril, dans deux semaines aura lieu au Luxembourg un forum de portée internationale, auquel participeront de nombreux acteurs et réseaux de l'économie sociale et solidaire du monde entier. Il s'agit du 4e forum "Globalisation de la Solidarité", initiées en 1997 à Lima, puis à Montréal (2001) et Dakar (2005).

Luxembourg sera donc bientôt le siège de ce forum, démontrant ainsi que même un pays sur la "liste grise" du G20 compte avec des initiatives économiques solidaires, avec ici pour objectif le "Plein Emploi" (c'est le nom d'une organisation locale). Lux'09 sera l’occasion d'échanger les expériences de l'ESS, d’en mesurer l’ampleur et de le démultiplier.

Voici, frais du matin, l'état des lieux des préparatifs de Lux’09, dont nous ne manquerons pas de vous donner bientôt des nouvelles :

 ·         415 personnes inscrites dont 240 ont payé leur inscription.
560 participants de réseaux d'économie sociale et solidaire, de médias et d'institutions sont prévues. Le mouvement des inscriptions devrait donc continuer, jusqu'à pratiquement la dernière semaine.
·         un village de 20 chalets avec information, alimentation et artisanat.
·         7 salles équipées pour travailler en 3 langues n’attendent plus que les ateliers et leurs participants.
·         une équipe des 37 interprètes bénévoles se prépare.
·         les hôtels en situation centrale sont tous complets. Mais des navettes sont prévues pour tous les hôtels Lux’09.
·         les équipes de bénévoles sont prêtes à monter 1160m2 de chapiteaux.
 
Luxembourg 09, c'est :

·     3 journées de discussion pleines, selon le rythme ternaire le matin en ateliers : On illustre, On débat, On propose.

·     Les après-midis seront consacrés à des plénières, et des rencontres avec d'autres acteurs (société civile, élus, etc.)

·     Un village de l'économie sociale et solidaire

      Les 12+1 ateliers thématiques (12 travaux d'Hercule ?) sont sur les thèmes suivants :

    * 0. Formation, éducation citoyenne et ESS
    * 1. ESS et co-construction des politiques publiques
    * 2. ESS, services sociaux d'intérêt général et biens communs
    * 3. Entrepreneuriat solidaire
    * 4. ESS et environnement
    * 5. ESS et souveraineté alimentaire
    * 6. Production et consommation responsables
    * 7. Participation démocratique et ancrage territorial
    * 8. Recherche et conceptualisation de l'ESS
    * 9. Les réseaux dans l'ESS
    * 10. Communication et systèmes de gestion de l'information de l'ESS
    * 11. ESS et action syndicale
    * 12. ESS et finances solidaires

Vous pouvez avoir un premier aperçu des discussions sur les forums en ligne de Lux'09.


Tous les ateliers comportent quatre objectifs transversaux:

   1.      Coller de près aux réalités des acteurs de terrain, conjuguer les idées avec la pratique dans un souci de pragmatisme, s’enrichir des expériences de chacun avec les façons de faire et de penser des uns et des autres;
   2.      Donner du sens à un fonctionnement en réseau et s’interroger sur la manière de le faire;
   3.      Renforcer les liens, améliorer la qualité des relations entre acteurs, c’est ce qu’offre une occasion comme celle-ci, par région et entre régions, par pays et entre pays, par continent et entre continents, pour inventer ensemble de nouvelles initiatives;
   4.      Valoriser la dimension novatrice de nos activités et faire de la prospective sur les défis qui nous attendent.

Un cinquième élément, clé pour le futur, sera abordé lors des ateliers : comment garantir la survie économique de ces initiatives et leur mise en réseau. L’économie sociale et solidaire offre des perspectives durables pour l’avenir du monde et devrait être mieux prise en compte dans les politiques économiques.

Vous pouvez en savoir plus, et encore vous inscrire si vous le désirez, sur le site de Lux'09.
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Economie solidaire - Solidarity Economy - Communauté : Vivre bien autrement !
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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /2009 23:08

A l'heure où les grands journaux saluent les conclusions de la réunion du G20, il est intéressant de rappeler l'existence d'un modèle économique fondé sur la coopération, la mise en commun et le partage des ressources. Un modèle économique où la richesse est avant tout celle de l'être humain, dans une approche de développement soutenable.


L’économie sociale et solidaire est présente dans le monde contemporain depuis plus d’un siècle et demi, comme mode d’appréhension et d’organisation de l’activité économique qui tente de placer l’être humain au centre de cette activité. Elle est présente dans toutes les grandes activités productives.  Après un bref exposé des origines de ces activités et de leurs différentes formes, nous livrons les résultats de plusieurs études permettant d’appréhender l’ampleur de ses activités dans le monde. Nous encourageons les acteurs des différentes secteurs de l’ESS à préciser et à compléter ce panorama chiffré, en ajoutant des commentaires à cet article.


Présentation de l'ESS


L’économie sociale et solidaire trouve ses origines modernes en Europe au XIXe siècle, dans les sociétés de secours mutuel et les coopératives, qui constituaient des formes de défense et de solidarité des ouvriers et des artisans confrontés à la violence sociale de la révolution industrielle. Elle s’est diversifiée au cours de la 2e moitié du XIXe siècle et du XXe siècle, en coopératives de consommation, de production, de crédit, mutuelles d’assurance, etc.

Ces organisations, puissantes en Europe de l’Ouest, représentent au moins 8% du PIB et emploient 9 millions de personne, toutchant 25% de la population européenne, selon une étude Comité Economique et Social de la Commission Européenne à la veille de l'élargissement. L'activité quotidienne de ces entreprises prouve qu'il est possible de concilier les dimensions économique, sociale et environnementale.

Elles sont complétées par une deuxième vague d’initiatives solidaires depuis les années 1970, en réponse aux nouveaux bouleversements de l’économie dans le contexte de la mondialisation. Ces initiatives s’expriment à un niveau plus local. Il s’agit des systèmes d’échange local, des initiatives d’insertion par l’activité économique, de la finance solidaire et finalement du commerce équitable qui fait le lien avec les producteurs du Sud.


Les coopératives sont une des formes d’entreprise les mieux enracinées dans le monde entier.

Fondée à Londres en 1895, l’Alliance Coopérative Internationale compte 222 membres dans 85 pays, et dans tous les secteurs d'économie. Toutes ces coopératives représentent quelque 800 millions de personnes dans le monde entier. Elle comprend des organisations sectorielles, qui regroupent elles-mêmes les coopératives des secteurs suivant : agriculture, banque et crédit, consommateurs, pêche, santé, logement, industries et services, assurance et voyage.


En 1994, une étude des Nations Unies estimait que près de 3 milliards de personnes, soit la moitié de la population mondiale, participaient à une coopérative.


En Asie, plus de 45 millions de personnes sont membres d’une mutuelle (Source: Association of Asian Confederation of Credit Unions, Annual Report 2007/2008).

Quelques exemples par pays : 11 357 coopératives en Argentine, regroupant 9 millions de personnes (22% de la population), et 29 933 en Belgique en 2001, en Bolivie un tiers de la population est membres d’une coopérative, au Canada et aux Etats-Unis, 4 personnes sur 10 appartiennent à au moins une coopérative et 70% au Québec, en Allemagne et en Malaisie, c’est un quart de la population, et 27,5% en Indonésie, à Singapour, c’est la moitié de la population.

Les coopératives sont des acteurs importants dans l’économie nationale et internationale. Au Brésil, elles produisent 40% du PNB agricole, en Bolivie une coopérative d’épargne-crédit gérait un quart de l’épargne national, au Danemark, les coopératives de consommateur gèrent 36,4% du commerce de détail, en Finlande des coopératives produisent 74% des produits carnés, 96% des produits laitiers, 50% des œufs, 34% des produits forestiers et possèdent 34,2% des banques. En France, 90% des agriculteurs sont membres d’une coopérative agricole, 91% au Japon. En Pologne les coopératives laitières sont responsables de 75% de la production, et 99% en Norvège. Au Kenya, les coopératives agricoles possèdent 70% du marché du café, 76% du marché laitier et 95% du marché du coton. Aux Etats-Unis, en 2003, les 100 premières coopératives avaient un revenu total de 117 milliards de dollars.
En France, il existe : les SCOP (Société Coopérative de Production - mais qui regroupe de nombreux secteurs), les Coopératives d'Activité et d'Emploi, et depuis quelques années les Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC).


Les coopératives sont créatrices d’emploi. On estime que dans le monde, elle fournissent au moins 100 millions d’emploi, dont 20% dans des entreprises multinationales. Au Canada, le mouvement Desjardins (coopérative d’épargne-crédit) est le plus grand employeur de la province du Québec. En France, les coopératives fournissent 4 millions d’emploi, en Allemagne 440 000.

Source : Alliance Coopérative Internationale


Finance solidaire

Depuis une quinzaine d’années, la microfinance connaît un développement important, dans la plupart des pays du Sud, mais également dans les pays du Nord. Initiée au Bangladesh par Mohammed Yunus en 1983, elle s’est répandue dans le monde entier avec un double objectif :  lutter contre la pauvreté,  en fournissant aux populations qui n’ont pas accès aux banques classiques, des services financiers durables, capables de soutenir leurs activités  économiques et processus d’accumulation.

Les services de finance solidaire (ou micro-finance) touchent aujourd’hui 150 millions de personnes dans le monde, servies par plus de 10 000 Institutions de microfinance (coopératives, ONG, banques de microfinance.) ou banques commerciales (source : Planet Finance).

Au Bangladesh, la Grameen Bank dispose de près de 1400 succursales et travaille dans plus de 50 000 villages. Depuis sa création, elle a déboursé 4,69 milliards de dollars de prêts et affiche des taux de remboursement de près de 99 %. En France, près de 53 426 entreprises ont été créées générant 66 511 emplois, grâce à plus de 65 209 microcrédits octroyés par l’ADIE depuis 1989.

Commerce équitable

Né après guerre dans le contexte de la lutte contre le « sous-développement » et de la revendication d’un nouvel ordre économique international par les pays du Sud, le commerce équitable s’est considérablement renové et développé depuis la fin des années 1980, avec la mise au point de labels permettant de garantir des conditions commerciales avantageuses aux producteurs du Sud, y compris en grande distribution. Réuni en un mouvement cohérent, il touche aujourd’hui environ 800 organisations de producteurs, et 1,5 millions de famille dans le monde. Le chiffre d’affaire du commerce équitable double tous les deux ans depuis l’an 2000, pour atteindre 2,7 milliards d’euro en 2007 pour les seuls produit labellisés.

Source : Fair Trade Labelling Organizations International


Circuits courts

Les circuits courts paysans – consommateurs (ou Partenariats Locaux Solidaires entre Producteurs et Consommateurs PLSPC) sont une réponse aux inquiétudes sanitaires et sociales posées par l’agriculture intensive et à la pression exercée par les circuits commerciaux conventionnels sur les agriculteurs. Le Japon figure parmi les pionniers de ce système, à la suite du scandale de Minamata, avec le mouvement Seikatsu (coopératives de la vie) et Teikei qui regroupe au total 250 000 membres. En Amérique du Nord, il est connu comme Agriculture Soutenu par la Communauté, et regoupe 1700 fermes, en France sous le sigle AMAP.


Source : Urgenci


Monnaies sociales

Les monnaies sociales sont des monnaies complémentaires qui permettent de renforcer les échanges dans une région ou pour un objectif social et écologique donné. Les monnaies complémentaires ont existé depuis des siècles. Sous leur forme moderne, elless sont utilisées par les grandes entreprises des transports (miles), les grands magasins, etc.

Les monnaies sociales, elles, ont un pour objetif de donner une valeur sociale et/ou écologique aux échanges. Elles ont permis de maintenir 2 millions de personnes hors de la pauvreté en Argentine pendant la période de crise du peso, indexé sur le dollar. Elles existent dans le monde entier, sous la forme de LETS au Royaume-Uni, de SELs en France, etc. En Suisse, le WIR, une monnaie sociale, est utilisée depuis soixante-quinze ans par 65 000 entreprises du pays. Cette banque fonctionne en deux monnaies : le franc suisse et le WIR.

Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Economie solidaire - Solidarity Economy - Communauté : Vivre bien autrement !
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /2009 22:30
La Revue Durable consacre son prochain numéro à l'économie sociale et solidaire, sous le titre "Economie solidaire et écologie, des richesses insoupçonnées". Cette excellente revue, basée à Fribourg (Suisse) marque ainsi la place de l'économie sociale et solidaire comme un des principaux acteurs d'un développement durable et solidaire. Elle est également partenaire média des rencontres constitutives d'un réseau d'économie sociale et solidaire dans le canton de Vaud, les 8 et 9 mai 2009.

Comme nous, la Revue Durable ne s'intéresse pas qu'aux thèmes liés à la protection de l'environnement, mais aussi aux changements d'habitudes et d'attitudes nécessaires en vue d'une consommation plus raisonnable.

Nous vous présentons, en avant-première, la couverture, le sommaire et l'éditorial de ce numéro.




EditoLRD
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Economie solidaire - Solidarity Economy - Communauté : Vivre bien autrement !
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