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Développement durable - Sustainable Development

Mercredi 19 mars 2008 3 19 /03 /2008 12:31

Le golf est-il un sport durable ? On peut se poser la question, lorsque l'on sait que le vert impecable d'un "green" n'est maintenu que grâce à un couple exigent et inséparable : eau et produits phytosanitaires. L’Association des green-keepers français (Agref) a calculé les besoins en arrosage d’un terrain de golf classique. Selon ses estimations, ce dernier absorbe 3 176 m3 d’eau par hectare et par an. Nos sénateurs, pourtant conservateurs, on fait, dans un rapport en 2003, une évaluation plus sévère. D’après leur étude, la consommation d’eau atteint 6 800 m3. Sachant que la taille moyenne d’un terrain est de 40 hectares, cette consommation correspond à la satisfaction des besoins d’une collectivité de plus de 7 000 habitants pour une année entière.

En ce qui concerne les fertilisants, un seul hectare de golf en absorberait 1,5 kg par an, soit 1,5% de tous les produits phytosanitaires utilisés en France pour les espaces verts pour 550 golfs recensés sur le territoire. C'est donc la consommation d'eau des golfs qui pose le plus gros problème environnemental et d'équité dans le partage des ressources naturelles.

golfcourse.jpg

Ainsi, la Fédération française de golf et les ministères de l’Ecologie et des Sports ont signé en 2006 une charte sur l’eau en 2006, dans laquelle les pouvoirs publics (et donc les collectivités locales) garantissent, en l'absence de pénurie d’eau potable, la survie des parcours, en contrepartie de quoi la Fédération et les gestionnaires de golfs s’engagent à réduire l’arrosage.

Noter pays a suffisament de ressources en eau pour y consacrer une partie à cette activité de loisirs, certes de luxe. L'agriculture absorbe elle des parts bien plus importantes d'eau (plus de 25%), part qui pourrait être réduite en privilégiant des cultures moins commerciales (que par exemple le maïs), plus diversifiées et retenant plus les sols. Est-ce cependant une raison pour exporter ce modèle de loisirs dans des pays où la tension sur l'eau a atteint des proportions critiques ?

Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Je rêve d'un autre monde.
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Mercredi 2 avril 2008 3 02 /04 /2008 00:22
Transports, habitat, eau, énergie, déchets, tourisme, loisirs... les gestes du développement durable se déclinent à toutes les occasion.

Du 1er au 7 avril, c'est la semaine du développement durable.  De quoi rendre visible de nombreuses initiatives citoyennes !

Deux autres initiatives méritent d'être signalées sur la capitale :

- Le Salon Produrable, plutôt réservé aux professionnels, ouvre pour deux jours le 2 avril.  Conférences sectorielles, tables-rondes et Forum de l'emploi ponctuent cet événement, organisé à La Défense.

- Planète Durable, le premier salon du développement durable à Paris, a le mérite de populariser des solutions écologiques au grand public, comme le montre le programme des conférences. Il s'étendra sur 4 jours, du 10 au 13 avril.

Une question et une suggestion pour une prochaine édition : nous souhaiterions que soient mis plus en avant l'aspect culturel du développement durable, sous la forme d'une prise de conscience des enjeux écologiques, économiques et sociaux, et de leur intégration dans nos modes de vie.
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Vivre bien autrement !
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Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /2008 22:18
Quetzal a enquêté pour vous au salon Planète durable, le premier salon du développement durable à Paris.





Un constat : il s'agit d'un salon grand public, qui se distingue fortement du salon plus confidentiel Produrable qui avait lieu la semaine dernière sous la Grande Arche de la Défense. Produrable était un salon privilégié par les "pros" du développement durable : agences de conseil et de communication, imprimeurs verts, etc. De nombreux services, des conférences, peu de produits visibles.


Planète Durable permet au contraire de voir et tester des produits, comme par exemple un véhicule urbain à deux roues, électrique, qui suit les commandes instinctives de la personne perchée dessus, et peut aller en silence jusqu'à 20 km/h sans émettre de gaz carbonique. Sa consommation est de 0,25 euros pour 100 kilomètres parcourus. De nombreux stands de cosmétiques bios offrent leurs crèmes naturelles. Les cosmétiques ont toujours été un créneau économique porteur, même si des ouvrages expliquent aux femmes comment faire leurs cosmétiques bios à la maison, pour beaucoup moins cher que ce que les marques proposent.  On peut admirer au salon Planète Durable une auto électrique, et d'autres qui polluent simplement moins que des modèles conventionnels. Le grand public peut ainsi s'habituer à un certain vocabulaire, comme "120 grammes équivalent CO2 aux 100 km/h" par exemple.

L'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Environnement, la SNCF et Gaz de France sont également présents, avec des stands moins ludiques et plus institutionnels, mais sur lesquels ont peut obtenir des informations intéressantes. Un peu plus loin, un groupe de jeunes créatifs hollandais entreprenants présentent leur "green dance floor", une piste de danse qui utilise l'énergie des danseurs pour alimenter des spots.  Le "clubbing durable" en quelque sorte !  Une pause au restaurant, et vous mangerez certainement du saumon biologique et sauvage (si ces deux termes ne sont pas contradictoires, mais on nous les a présentés comme tels), puisque tous les plats sont à base de cet excellent poission, lorsqu'il est, et c'est rare, réellement sauvage. 

Il faut bien sûr mentionner également les conférences, qui touchent à des sujets comme les signes de qualité dans la consommation ou le tourisme durable, et qui permettent au grand public de trouver des réponses et des éléments de réflexions aux questions qu'il se pose.

A visiter donc ! Actuellement, et jusqu'au dimanche 13 avril, porte de Versailles, à Paris.
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Vivre bien autrement !
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Mercredi 23 avril 2008 3 23 /04 /2008 10:18
La Ville de Paris a enfin sa bibliothèque sur le développement durable.  Elle vient utilement relayer les documents accessibles au Centre de Ressources de l'Association 4D.  Ouverte également le dimanche, pour celles et ceux qui sont trop occupés en semaine.

C'est Claire et Greg qui nous envoie cette information. Suivez le lien pour voir l'article et les commentaires sur leur blog :

Une bibliothèque sur l’écocitoyenneté et le développement durable à Paris

La Médiathèque Marguerite Yourcenar qui a ouvert tout récemment dans le 15ème arrondissement de Paris, dispose, en plus de collections classiques pour le grand public, d’un fonds spécialisé consacré à l’écocitoyenneté et au développement durable.

Ce fonds de quelques 2000 documents, comporte des ouvrages sur de nombreux thèmes : altermondialisme, enjeux écologiques, développement durable, décroissance, environnement (eau, énergie, climat, déchets…), architecture écologique, économie sociale et solidaire, consommation responsable, commerce équitable, santé, agriculture et alimentation, rapports Nord/Sud. Il y a également des romans et des BD en lien avec ces sujets ce qui est assez original, des DVD et enfin un fonds de livres pour les enfants !

De quoi trouver plein d’info et/ou se faire plaisir (il y a pas mal de livres dont on a parlé sur notre blog que l’on peut trouver là-bas) alors si vous en avez l’occasion, allez y faire un tour. L’inscription dans les bibliothèques de la Ville de Paris est gratuite pour emprunter des livres que vous soyez ou non parisiens alors profitez-en !

Et surtout, faites passer l’info, il n’y a pas beaucoup de lieux comme celui-ci accessibles à tous dans Paris !

Accès :

41 rue d’Alleray - Paris 15ème

métro ligne 12 station Vaugirard

Pour consulter le catalogue en ligne : cliquez ici (vous pouvez faire une recherche par bibliothèque)

Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : La communauté des communautés
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Dimanche 25 mai 2008 7 25 /05 /2008 11:34
Les prix du pétrole brut ont subi une hausse brutale ces derniers mois, pour passer au-dessus de la barre des 100 dollars le baril, jusqu'à 135 $ jeudi dernier, pour un repli sans doute momentané à 130 $ en fin de semaine. Ils ont ainsi doublé en un an et quadruplé depuis 2004. Tout le monde peu constater les premiers impacts de cette hausse, sur le prix de l'essence à la pompe, mais aussi (est-ce un prétexte) sur celui du gaz qui curieusement est en partie indexé sur celui du pétrole. Cette hausse est qualifiée comme folle par les représentants de l'OPEP eux-mêmes, qui désignent les spéculateurs et la faiblesse du dollar comme causes principales. Or, selon les source bien informées sur cette question, c'est bien l'épuisement progressif des réserves mondiales des gisements de brut et l'incertitude sur leur état réel qui a fait décoller les prix du brut.

Il est très difficile de mesurer l'état réel des réserves pétrolières. D'abord parce que celles-ci dépendent des capacités techniques mises en oeuvre par les compagnies. Pour schématiser grossièrement, plus on extrait du pétrole de sources non conventionnelles, plus cette extraction est chère. L'état des réserves et le prix du pétrole forment donc un couple dynamique. Ensuite parce que certains des pays producteurs les plus importants, comme l'Arabie Saoudite, l'Iran et le Venezuela refusent de coopérer avec l'Agence Internationale de l'Energie, et de fournir les chiffres qu'ils ont entre leurs mains. Malgré cette incertitude, l'AIE a revu à la baisse ses prévisions pour la production quotidienne prévue en 2030.


Comme le dit le blog "
Peak Oil : Life after the Oil Crash" (Pic pétrolier : vivre après le crash pétrolier), dont est extrait ce graphique, la question n'est pas tant de savoir combien il reste de pétrole, mais si il en reste suffisament pour faire vivre notre économie. Les récentes manifestations des pêcheurs, les inquiétudes des chauffeurs routiers et même des agriculteurs de la FNSEA lèvent le voile sur l'omni-dépendance de notre économie sur cette ressource fossile et non-renouvelable. Le Monde du 24 mai consacre plusieurs articles à cette question, dont l'un titre "Transporteurs, agriculteurs et pêcheurs mobilisés". La solution n'est bien sûr pas que les gouvernements subventionnent le gasoil dont ont aujourd'hui besoin nos pêcheurs ou transporteurs, ou pire encore les agriculteurs dépendant des produits pétroliers (pour leurs intrants issus de la pétrochimie), mais bien qu'avec les industriels et la population, ils préparent au plus vite, et de façon déterminée la transition vers une société post-pétrolière, en donnant une priorité absolue à l'appui aux énergies renouvelables et aux modes de production et de consommation sobres en énergie dans les politiques publiques.

Or de ce point de vue, on ne peut que constater un retard qui risque de s'avérer dramatique pour l'économie et la société. Les constructeurs automobiles français ont plusieurs années de retard dans la recherche pour la construction de voiture réellement propres (ne consommant pas d'énergie fossile du tout, et n'émettant pas de CO2), les plans de mobilité et de transport, malgré les demandes du Grenelle de l'Environnement, n'évoluent pas de façon décidée vers l'encouragement du rail, du ferroutage ou du transport fluvial ou maritime, beaucoup moins polluant. Or dans tous ces domaines, des solutions sont en cours de développement.  Mais leur aboutissement demande des investissements importants. Le vénérable Institut Nationale de la Recherche Agronomique (INRA) n'a par exemple lancé son programme sur l'agriculture biologique qu'en l'an 2000 ! 20 unités de recherche seulement sur 235 y participent. On trouvera des proportions équivalentes, et sans doute plus basses encore dans le domaine de la recherche industrielle et énergétique.

Les axes d'une politique post-pétrolière sont connues : il faut investir de façon décidée dans la recherche vers des modes de production énergétiques renouvelables, faire évoluer la fiscalité vers une stricte application du principe pollueur-payeur, et encourager les modes de production, de transformation, de transport et de distribution propres. Le plus difficile est sans doute de manager une période de transition vers une société sobre et durable. Encore faut-il en avoir la volonté... La hausse des prix du pétrole est une bonne nouvelle, car elle devrait accélérer la prise de conscience des populations, et espérons des politiques, sur la dépendance de notre économie à cette ressource rare, non renouvelable, et polluante.

Je vous conseille de visionner le film suivant, illustrant l'extraordinaire dépendance de notre mode de vie au pétrole, et les difficultés d'en prendre conscience :




Je vous conseille de regarder cette vidéo expliquant la dépendance de notre économie au pétrole, et les conséquences probables de la fin du pétrole sur celle-ci :



Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Vive le désordre !
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /2008 10:37
La 4e édition du festival BRéSIL EN MOUVEMENTS 2008 aura lieu du 1er au 8 juin, dans le 20e arrondissement de Paris. Elle sera consacrée à des questions sociales, liées à l'alimentation, au développement durable, aux agro-carburants, à la place des femmes et à la situation des indiens...

Ce festival est gratuit, avec des projections de documentaires et des débats tous les jours à partir de 19:00 (sauf dimanche 1er juin, jour de l'inauguration, qui sera une soirée toute en musique) Profitez-en !


Le programme complet peut être télécharger ici. Vous pouvez également lire le communiqué de presse. Cette année, en plus des projections de documentaires, des débats et des rencontres avec les réalisateurs, nous débuterons la semaine le dimanche 1er juin par une soirée toute en musiques. A bientôt !

Comme présentation de la question agraire au Brésil, voici une petite introduction de Mario José de Lima :


La question agraire contemporaine s’inscrit dans le cadre plus général de la liquidation de la production paysanne par l’agrobusiness à l’échelle mondiale. Le système agroalimentaire du Tiers-Monde est en train d’être pénétré par les grandes entreprises de manière oppressive, tandis que le processus de concentration et de centralisation de capitaux s’intensifie dans l’agriculture du Tiers-Monde. Le signe évident des effets de ce processus est l’intensification des flux migratoires qui augmente le taux d’urbanisation de manière généralisée. La majorité des populations, encore rurales il y a peu, forme aujourd’hui des villes incomplètes, invivables, marquées par l’exclusion sociale et par la misère.

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Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Je rêve d'un autre monde.
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Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /2008 13:10
Le festival "Brésil en mouvements" offre depuis 2005 une palette de films documentaires et de débats sur des sujets relatifs à l'actualité brésilienne.  Ces sujets sont souvent liés à des problématiques qui dépassent ce grand pays, puisqu'il est sur beaucoup de sujets un "laboratoire" du monde. Cette année le développement durable, les agro-carburants, la place des femmes, les médias et l'esclavage moderne sont au rendez-vous.

Pour vous donnez envie d'aller à ce festival, à l'entrée libre, et pour informer ceux qui ne peuvent pas y assister, voici un compte-rendu des deux premières soirées.
 
La soirée de lundi était consacrée au développement durable, avec un documentaire sur la politique menée dans l'Amapá, un état amazonien frontalier de la Guyane française, par l'ancien gouverneur Capiberibe (1994-2002) et un portrait de l'écologiste Lutzenberger et de sa communauté écologique à l'autre bout du pays, suivi d'un débat avec des intervenants du "collectif richesse".

Le documentaire "Amapá ", première oeuvre d'un jeune réalisateur, est un portrait vivant d'expériences  de "développement durable" en Amazonie, soutenu par des entretiens avec un gouverneur novateur et illustré par trois initiatives intéressantes.  Loin des polémiques entourant le terme de "développement durable" lui-même, l'objectif du réalisateur était de démontrer la possibilité d'initiatives réussies visant à réconcilier l'homme et la nature, y compris dans cet état isolé, pauvre et sous tensions sociales. Les difficultés ont en effet été importantes.  L'ancien gouverneur "Capi" explique qu'au début de son mandat, les riches ne payaient non seulement pas d'impôts mais même pas leurs facteurs d'eau ou d'électricité, plus tard ils ont fait pression sur l'assemblée locale pour qu'elle le destitue, une procédure illégale invalidée à Brasilia. Les réalisations positives de sa mandature sont racontées de façon vivante :

- L'école de la forêt (escola bosque), dans une petite ville de cet état, lui-même peu peuplé, où, grâce à des méthodes originales, les enseignants font prendre conscience aux élèves de la liaison profonde existante entre les milieux naturels et la vie en société.  Petit à petit ceux-ci apprennent à respecter la nature.

- La police de la capitale de l'état, Macapa, malgré des méthodes issues de la dictature militaire, a su elle-même prendre un tournant en se rapprochant de la population (on parlerait en France de "police de proximité", là-bas il s'agit de "police interactive"). Ce système a ainsi permis de réduire la délinquance et la criminalité de 400% !
Cette police a également un "bataillon environnemental" chargée de lutter contre les pollutions quotidiennes.

- Une coopérative de travailleurs des produits de la forêt (extractivistes"), et notamment de la fameuse "noix du Brésil", qui a su résister à la pression d'administrateurs corrompus, avec il est vrai l'aide de l'état.

For ever Gaïa est un film surprenant, un portrait plein de poésie de Lutzenberger, un pionnier de l'écologie et de la sobriété heureuse.  Au sommet d'une carrière dans l'industrie agro-chimique, ce fils d'émigrant allemand au Sud du Brésil prend conscience de l'absurdité d'un mode de développement insoutenable et mortifère. Dès lors il abandonne sa carrière, étudie à nouveau l'écologie, son amour de jeunesse, et monte bientôt un centre agro-écologique dans sa région natale, l'état de Rio Grande do Sul. S'exprimant en allemand, en anglais et en portugais du Brésil, cet humaniste polyglotte délivre ses leçons sur notre mode de vie industrielle, et sa foi en des modes de production et de vie plus sobres. Illustré par des carnets de dessin de son père, ce documentaire bénéficie également de l'attachement de sa famille et de la communauté qu'il a fondé, le "coin Gaia" (rincão Gaia).

Si vous pouvez voir un de ces deux films, et notamment Amapá (qui cherche encore un distributeur) n'hésitez pas !

Je vous raconterai un peu plus tard la soirée d'hier, consacrée à l'industrie du sucre et aux agro-carburants.




Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Je rêve d'un autre monde.
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Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /2008 00:00
Chers lecteurs,

Je vous dois depuis quelques semaines un compte-rendu de la soirée du festival Brésils en mouvement consacré aux agro-carburants. Celui-ci fait suite à mon article sur l'Amapa : le développement durable en Amazonie brésilienne.
Je vous dloit donc le compte-rendu de la soirée du 3 juin : "Les agros-carburants : énergie du désespoir ?". Etant dans une phase de repositionnement professionnel, j'ai en effet laissé un peu de côté ce cahier dans les dernières semaines. Mais je le reprends maintenant pour me lancer dans cet exercice, au risque d'être incomplet, pour une soirée et un sujet aussi riches.  Voici donc...

Pierre Johnson



Les agro-carburants sont un sujet qui divisent les opinions, tant au Nord qu'au Sud. En ce qui concerne le Brésil, les oragnisateurs du festival ont fort justement initié la soirée par un film sur les travaillerus de la canne à sucre, puisqu'au Brésil l'éthanol issu de la canne à sucre est le principal agro-carburant, loin devant les autres tant en termes de production que d'antériorité. Dès les années 1970, le programme Proalcool du gouvenement militaire réagissait au choc pétrolier en encourageant cette forme d'énergie et de carburant. Aujourd'hui près de 40% des automobiles roulent avec un mélange plus ou moins fortement dosé déthanol.

Le film "Migrants" de Beto Novaes nous rappelle avec dignité et sobrieté dans le propos les conditions de vie très difficile des coupeurs de canne au Brésil. Près d'un million de travailleurs sont ainsi payés à la tâche, et doivent s'épuiser pour couper de 8 à 10 tonnes de canne dans la journée, parfois sous un soleil de plomb, et souvent sans protection aux mains ni parfois aux pieds. Les travailleurs du Nordeste ont des paies tellement dérisoires qu'ils choisissent souvent d'émigrer dans la saison basse de la coupe dans cette région, pour s'épuiser encore à contre-saison dans les plantations du Sud, plus moderne et industralisé techniquement, mais où les salaires sont similaires. Lorsqu'on bénéficie d'une main d'oeuvre bon marché, pourquoi la gacher ? Ce qui ressort de ce portrait d'hommes et des femmes, travailleurs ou au foyer (ce qui est aussi un rude travail), c'est une grande dignité, et l'absence d'autres options de vie, mais aussi l'espérance que leurs enfants pourront échapper à ce travail de misère.

C'est donc sur cette base sociale que s'est édifié depuis une trentaine d'années une industrie de l'éthanol au Brésil, plaçant ce pays en pionnier des agro-carburants. Il est vrai que si le caractère écologique de ces carburants est assez largement contesté (dont l'abandon volontaire du thème biocarburants pour celui plus objectif d'agrocarburants dans ce blog), l'éthanol de canne à sucre est encore celui dont le rendement écologique est le plus élevé. Le second film "Du Sucre et des Fleurs dans nos Moteurs", de JM Rodrigo, qui relève d'une enquête mondiale sur les agrocarburants, montre en effet que ceux issus de la betterave européenne ne doivent leur rentabilité qu'aux subventions de la Politique Agricole Commune. Mais c'est celles-ci qui ont permis aux coopératives regroupées dans le groupe Tereos d'acheter des plantations et une usine moderne d'éthanol au Brésil. Si les conditions de travail reste rudimentaire, le représentant de Tereos souligne que l'éthanol ne représente que 2% de la production de sucre. Le film survole également la situation à l'Ile Maurice, où le tissu social de la production sucrière est très différent. Des planteurs français s'investissent là aussi dans la production de l'éthanol...

Le débat qui a suivi ces projections s'est avéré tout à fait intéressant, car il relevait le caractère complexe des sujets traités. Une partie de la table insistait sur les dangers sociaux et environnementaux la production d'agro-carburants. Il est sûr que l'industrie de la canne à sucre reste une industrie de main d'oeuvre où règne la surexploitation. Pour certains, le boom des agro-carburants ne peut que déplacer par ricochet la production et empiéter un peu plus sur l'Amazonie. Les participants brésiliens, un expert technique de l'ambassade du Brésil fraichement arrivé, et André Pereira, chercheur au CIRED soulignent la complexité des questions en jeu au Brésil, et l'opportunité que représente malgré tout la canne à sucre pour la population du Nordeste. Si la mécanisation de la coupe au Sud s'étendait, des centaines de milliers d'ouvriers pourraient perdre leur emploi, sans qu'une reconversion soit garantie.  Le représentant de Greenpeace insistait lieu sur les spécificités du milieu du cerrado, au Nordeste, et sur les impacts précis sur la bioidversité. La canne à sucre générerait 17 ans de dette carbone sur ce milieu, contre 120 années pour l'huile de palme en Indonésie. Mais dette tout de même...

Alain Liepietz expliqua lui que l'Union Européenne a fixé des objectifs de 5,75% d'agrocarburants en 2010, mais la France notamment voudrait se fixer des objectifs plus élevés. Ces derniers sont contestés notamment par les Verts. Alain Liepetz aimerait qu'on parle des opportunités de bio-énergies et non pas seulement de biocarburants, et incite la population à la sobriété alimentaire, notamment par rapport à la consommation de viande. Un participant dans la salle croyait lui au miracle de la multiplication de l'énergie par le cupuaçu, nois de coco miraculeuse. Mais le modérateur journaliste Patrick Piro rappela alors que ce genre de solution miracle était régulièrement mise en avant, mais qu'elle oubliait non moins régulièrement les réalités sociaux-économiques dans lesquels elle se situait.

En bref, une soirée intéressante, pour un débat inachevé. Voci quelques références en guise de conclusion :

-> Un article sur les enjeux des agro-carburants.
-> Une campagne d'ONGs contre les agro-carburants
-> Au Brésil, le Mouvement des Sans Terre aussi s'y oppose
-> Un site présentant les avantages des "biocarburants"
-> Un communiqué de FIAN (Food First)
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Vivre bien autrement !
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Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /2008 12:48
Le magazine "Casseurs de pub" dénonce depuis des années (une décennie, semble-t-il) les méfaits de la publicité et de la consommation de masse à laquelle celle-ci nous incite. Dans son numéro du 15 juillet 2008, le magazine proche des idées de "décroissance" donne son point de vue sur l'appropriation du concept de développement durable par certaines personnalités de la vie économique et mondaine. En cette période estivale où les ventes des journaux people connaissent une augmentation saisonnière, laissons lui la parole :

«Qui va sauver la planète ? En tous cas, certainement pas les idées partageuses des « objecteurs de croissance », ou bien celles de ces écologistes à l’ancienne mode prônant la sobriété matérielle ! Et encore moins celles de quelques poètes humanistes révoltés face aux atteintes à la beauté du monde. Certes, ceux-là nous ont mis en garde depuis bien longtemps sur la survenue de la crise écologique actuelle, mais, c’est bien connu, ils veulent nous faire retourner dans les grottes habillés de peaux de bêtes, nous éclairant aux bougies de graisse de mammouth (dans le meilleur des cas) ! Non, soyons sérieux, et réalistes, les personnalités extraordinaires qui vont sauver la nature, et sans que nous ayons à descendre de nos automobiles, ce sont Paris Hilton, François Pinault, Miss France, Alain Juppé, Léornado di Caprio, Luc Besson, Yann Arthus-Bertrand, Jean-Marc Sylvestre ou encore l’immense philosophe Luc Ferry. Car par ces temps d’effondrement de la biodiversité, une espèce, elle, prolifère en suivant la courbe de l’explosion des cours du pétrole : ce sont les écotartufes. Convertis de fraîche date à une écologie bien particulière, ils envahissent les médias dominants. Fini l’écologie à papa ! Ces Adeptes du génial « développement durable » nous promettent que le sauvetage de la Terre est d’abord une merveilleuse opportunité de donner un nouveau souffle à la société de consommation, à la marchandisation du monde, à la Croissance et à TF1. Ils sont un reflet éclairant de notre merveilleuse époque. Découvrez-les dans le dernier dossier de Casseurs de pub, « Les écotartufes », en kiosque, en France (de Besançon à Tahiti), en Belgique, au Canada, en Suisse francophones et en Allemagne, à partir du 15 juillet 2008.»

Le site de Casseurs de pub
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Je rêve d'un autre monde.
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /2008 10:15
Les journaux français saluent ce matin un accord obtenu à la réunion des 153 membres de l'OMC à Genève, sur le dossier du marché de la banane, un dossier épineux qui opposent des blocs de pays depuis plusieurs décennies. S'agit-il d'une avancée, ou de la simple application d'une décision déjà prise, et qu'en est-il du reste des discussions dans cette enceinte internationale de négociations ?



Rappelons tout d'abord l'état de la discussion sur le dossier "banane", fruit le plus consommé et le plus échangé au monde. Pour cela, il sera utile d'en rappeler l'importance, puis l'organisation du commerce international.

Selon la FAO, "L'industrie de la banane engendre une source importante de revenus, d'emplois et de recettes d'exportation pour la majeure partie des pays exportateurs, principalement pour les pays en développement d'Amérique Latine et des Caraïbes ainsi que pour ceux d'Asie et d'Afrique. Le montant annuel total des exportations mondiales de banane est évalué à plus de 4,7 milliards de dollars et représente, de toute évidence, une source vitale de revenus pour de nombreux pays."

Le principal différend opposait l'Union Européenne, plus grand importateur mondial, aux multinationales américaines alliées aux pays producteurs d'Amérique latine. En effet, l'UE appliquait un régime privilégié aux pays de ses anciennes colonies ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), avec l'absence de tarifs douaniers à l'importation, et par conséquent les bananes originaires de ces pays se retrouvent sur le marché européen à des coûts moindres que les bananes latino-américaines, deuxième grande région exportatrice. Dans des pays comme les pays d'Amérique centrale (dont les anciennes républiques bananières !) et l'Equateur, quatre multinationales d'origine américaines dominent verticalement toute la filière, de la production à l'exportation.

On apprend aujourd'hui que l'Union européenne aurait accordé ce week-end aux pays d'Amérique latine une baisse des droits de douane. Mais les pays ACP ont déclaré attendre des mesures compensatoires pour donner leur accord. Ces mesures permettraient notamment de compenser les pertes de revenus à l'export provoquées par cette ouverture du marché de la banane.

Entre parenthèse, notons que s'il existe une surproduction sur le marché de la banane, expliquant des prix bas, les marchés de la banane biologique et de la banane équitable sont en pleine expansion depuis la fin des années 1990. Celles-ci pourraient constituer de véritables alternatives aux conditions de travail très difficiles pour les travailleurs (salaires très bas, large usage des pesticides, etc.) et aux dommages à l'environnement habituellement constatés pour cette culture. Le graphique ci-dessous illustre la croissance des marchés biologiques et équitables pour la filière banane de 1998 à 2003 (source : CNUCED).




Si vous n'avez aucune information sur la question, un petit dossier de "La Case aux enfants" rappelle quelques réalités utiles à connaître sur le commerce de la banane. Un dossier un peu ancien de Novethic donne quelques informations additionnelles.

S'agit-il donc d'un réel succès pour les pays en développement ? Le dossier de la banane met en évidence les différences d'intérêt entre différents groupes de pays en développement. D'autre part, des observateurs étrangers font remarquer que cet accord résulte notamment de l'application de la décision de l'Organe de Règlement des Différends dans le différend opposant depuis 1993 les Etats-Unis et l'Union Européenne sur ces pays, ce que les journaux européens et en tout cas français se sont bien gardés de rappeler, semble-t-il.

Or, de nombreux autres dossiers sont en cours de discussion à l'OMC, sur l'"accès au marché pour les produits non agricoles" (AMNA), industrie et services, notamment. Et sur ces fronts, les observateurs constatent peu de progrès dans les discussions. L'Organisation Mondiale du Commerce se présente en effet comme un vaste espace de discusion (certains diront de marchandage) sur des questions de nature très différente. Une concession d'un pays ou, plus souvent, d'un groupe de pays, sur une question, amène à demander une compensation sur une autre question, sans rapport logique, mais se situant à l'ordre du jour des négociations.

Selon l'organisation de la société civile ICTSD, par exemple, "L’Argentine s’est plainte du fait que les projets de texte qui ont servi de base aux négociations sur l’agriculture et l’AMNA au cours de l’année passée exigeaient des pays en développement qu’ils abaissent les tarifs industriels de manière disproportionnée par rapport aux réformes agricoles proposées par les pays riches." Pour sa part, l'Inde a fait figure au cours des négociations actuelles d'intransigeante, en estimant que les mesures proposée au titre de "mécanisme de sauvegarde spéciale" ne protégeait pas suffisamment les paysans pauvres, avec un seuil de déclenchement de 40% d'augmentation des importantions agricoles. Pour sa part, le Brésil estime que le niveau de 15% de droit de douane permis par ce mécanisme est insuffisant (source : Folha online). Ces deux pays émergents n'ont pas la même position sur cette question.

Le Japon lui-même s'est déclaré « profondément mécontent de la proposition de Lamy» (le directeur général de l'OMC), essentiellement sur le nombre de produits sensibles, a indiqué The Economic Times, un journal indien.

En conclusion, l'avancée des discussions à l'OMC apparait comme beaucoup plus limitée que l'annonce qui en est faite dans nos journaux. Dans la mesure ou les discussions piétinent depuis des années, et où le niveau de complexité de celles-ci semble rendre difficile tout accord, il est temps de se demander s'il n'est pas nécessaire d'inventer d'autres modes de discussion et de négociations. Dans cet ordre d'idées, plusieurs pistes sont tracées par des organismes indépendants : une réorganisation du système multilatéral, qui obligerait les négociateurs commerciaux à mieux tenir compte du droit international des personnes et du travail, et/ou une plus grande participation de la société civile.


Sources : Organisation Mondiale du Commerce, Centre International pour le Commerce et le Développement Durable, Folha online, Libération, Le Monde, Novethic, CNUCED
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Choc & Chaos
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