Mercredi 1 février 2006
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Le changement est-il hors de nous ?
"Sois toi-même le changement que tu veux voir dans le monde" disait Gandhi. Cela montre bien qu'il ne faut pas considérer que le changement à réaliser est extérieur à soi. Le concept de "modes de vie durables et solidaires" illustre bien cet enjeu de façon pratique.
Nous savons bien que nos modes de vie ont un énorme impact sur la planètes et sur les relations entre êtres humains. Pour prendre un exemple : l'automobile contribue grandement à l'émission de gaz à effet de serre et à la pollution de nos villes, donc aux taux de cancers et d'affection respiratoires, mais qui est prêt à s'en passer ? La circulation automobile illustre également un autre paradoxe, souligné par Ivan Ilich : au-delà d'un certain seuil, elle ralentit les communications au lieu de les faciliter. Ce dernier point illustre les contradictions des modes de vie individualistes (non solidaires) et de la consommation de masse.
Durabilité : l'impératif est d'abord écologique. La mesure de l'empreinte écologique montre que l’humanité consomme et émet largement plus de déchets que ce que la planète ne peut supporter, et cet effet est d'autant plus grand dans les pays les plus riches. Nous consommons globalement déjà davantage de ressources naturelles que la planète ne peut en régénérer.
Solidarité : les modes de vie ne sauraient être durables s'ils ne sont pas solidaires. Il s'agit de tout évidence d'appliquer à l'humanité elle-même le principe de solidarité que l'on applique à l'environnement dans le cadre de la recherche de durabilité.
L'approche des modes de vie durables et solidaires commence à partir des questions de la vie quotidienne, qui reprennent ainsi leurs dimensions politique et collective. Dans les pays riches, la simplicité volontaire au niveau individuel, et une forme de décroissance au niveau collective, peuvent être des solutions à mettre en oeuvre. Dans les pays plus pauvres, il est nécessaire de partir de la lutte quotidienne des populations pour leur survie.
Mardi 31 janvier 2006
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Le commerce équitable se définit comme un ensemble de pratiques socio-économiques alternatives au commerce international conventionnel, dont les règles sont globalement injustes pour les pays du Sud, et notamment pour leurs producteurs ruraux. Ces pratiques établissent des relations entre producteurs et consommateurs basées sur l’équité, le partenariat, la confiance et l’intérêt partagé. Elles obéissent à des critères précis, et poursuivent des objectifs sur plusieurs plans : obtenir des conditions plus justes pour des groupes de producteurs marginalisés, et faire évoluer les pratiques et les règles du commerce international avec l’appui des consommateurs. Au cours des dernières décennies, le mouvement du commerce équitable a connu un développement soutenu, notamment en Europe du Nord. Malgré une progression constante, des divergences stratégiques se font jour, et des questions se posent sur l’impact de ces pratiques et leur capacité à représenter une alternative réelle pour un développement durable et équitable.
L’action du commerce équitable doit être située dans le contexte plus large d’une économie au service de l’être humain. Les pratiques de commerce équitable n’ont de sens que si elles dépassent le champ des relations commerciales entre le Nord et le Sud de la planète pour se situer aussi dans un champ d’action local ou régional, particulièrement important pour renforcer les solidarités entre consommateurs urbains et producteurs ruraux. Des structures nationales de commerce équitable se sont mises en place dans quelques pays du Sud, et les échanges Sud-Sud et Nord-Nord représentent un enjeu sous-évalué. Créer les conditions d’un commerce équitable à différentes échelles permettrait aussi une meilleure prise en compte de la dimension environnementale. De nombreuses innovations ont aussi été mises en évidence pour l’élaboration et la convergence de critères d’équité et de durabilité.
Le commerce équitable peut ainsi être vu comme un ensemble de pratiques au Nord et au Sud cultivant la solidarité pour un développement et un commerce durables et équitables, donc avec des objectifs multiples, et qui s’exercent dans le cadre de partenariats authentiques, basés sur la transparence et l’accès à l’information. Certaines d’entre elles apportent des réponses créatives aux défis et questionnements actuels, notamment par le développement d’échanges et d’alliances régionales au Nord et au Sud, et par des innovations dans le domaine de la certification et de la distribution.
Par Pierre W.Johnson
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Publié dans : Commerce équitable - Fair Trade
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Mardi 10 janvier 2006
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Fair Trade is defined as a series of socio-economic practices forming an alternative to conventional international trade, whose rules are universally unfair to Southern nations, and in particular to their rural producers. These practices have established relations between producers and consumers that are based on equity, partnership, trust and shared interest. They respect precise criteria, and pursue objectives from various directions: in order to obtain fairer conditions for groups of marginalized producers, and to develop the practices and rules of international trade with the support of consumers. During the last few decades, the Fair Trade movement has enjoyed a sustained development, notably in Northern Europe. Despite constant progression, differing strategies have emerged, and questions have been raised about the impact of these practices and their ability to present a real alternative towards sustainable and equitable development.
The action of Fair Trade needs to be set in the larger context of an economy that is in the service of human beings. Fair Trade practices have no meaning unless they go beyond the field of North/South commercial relations to become part of the field of local or regional action, which is particularly important for strengthening solidarity between urban consumers and rural producers. National structures of fair Trade have been set up in several Southern nations, and South-South as well as North-North exchange represents an undervalued issue. Creating the Fair Trade conditions at different levels would also allow a better understanding of the environmental dimension to develop. A number of innovations have also come to the fore for clarifying and converging the criteria of equity and sustainability.
In this way Fair Trade can be seen as a group of practices in the North and South cultivating the solidarity for sustainable and fair trade and development, with many objectives, which is carried out under a framework of authentic partnerships, based on openness and access to information. Some of these have produced creative responses to the present challenges and questionings, notably the development of regional exchange and alliances in both the North and South, and through innovations in the area of certification and distribution.
Par Pierre W.Johnson
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Mardi 10 janvier 2006
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Face à un commerce international conventionnel dont les règles sont globalement injustes pour les pays du Sud, et notamment pour leurs producteurs ruraux, le commerce équitable vise à établir des relations entre producteurs et consommateurs basées sur l'équité, le partenariat, la confiance et l'intérêt partagé. Au cours des dernières décennies, ce mouvement a connu un développement soutenu dans certains pays du Nord, mais la question doit se poser de l'impact de ses pratiques et de sa capacité à représenter une alternative réelle pour un développement durable et équitable.
L'action du commerce équitable doit s'inscrire dans le contexte plus large d'une économie au service des êtres humains, basée sur la dimension territoriale. Elle ne peut donc être envisagée indépendamment d'autres préoccupations actuelles telles que la responsabilité de chacun d'entre nous quant à ses choix économiques, les solidarités régionales entre consommateurs urbains et producteurs ruraux, la souveraineté alimentaire, le développement durable et le rôle des territoires dans notre avenir.
Ce cahier de propositions a été coordonné par Pierre Johnson, dans le cadre du Pôle de socio-économie solidaire de l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, avec le soutien de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l'Homme. Il synthétise les contributions de chercheurs et praticiens du commerce équitable, rassemblées entre 1999 et 2002, à l'occasion de plusieurs rencontres internationales et par Internet. Il a été publié et traduit en anglais (Pipal Tree, Inde), en espagnol (Cuzco, Pérou) et en portugais (Polis, Brésil). Il est en cours de traduction en chinois et en italien. Des versions informatiques sont disponibles dans toutes ces langues.
Dimanche 8 janvier 2006
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Il nous semble parfois que les défis auxquels est confrontée notre planète dépassent l'humanité, qui en est pourtant largement responsable. Ce n'est pas que nous manquons de techniques, ni de capacités individuelles pour y faire face. Le problème semble être plutôt dans la difficulté que nous avons à y faire face par une mobilisation collective des énergies.
Des auteurs comme Manuel Castells (trilogie "L'ère de l'information") ont mis en évidence les mutations du système économique contemporain, vers une "économie de réseaux" se traduisant aujourd'hui dans tous les domaines de l'économie, de la finance à la production, en passant par les services, etc. Cette mutation a été bien sûr rendue possible par l'émergeance d'Internet, comme réseau mondial de communication, à la fin des années 1980. On sait que ce "réseau des réseaux" à l'architecture ouverte, qui permet une est le résultat paradoxal d'une idée des militaires américains pendant la guerre froide, et de la culture "west coast" de la Silicon Valley dans les décennies suivantes. Il est aujourd'hui devenu un facteur de liberté individuelle et collective, d'échange de savoirs et de communication irremplaçable, à la portée de (presque) tous, du moins dans les pays les moins pauvres économiquement.
Pour Jean-François Noubel, ce sytème d'information est une des conditions de l'"intelligence collective globale", en émergeance. Nous reprendrons sont excellente définition de ce concept :
"L'intelligence collective est la capacité d'un groupe de personnes à collaborer pour formuler son propre avenir et y parvenir en contexte complexe."
Une telle intelligence dépasse à mon sens la capacité cognitive des êtres humains à interagir dans le contexte global contemporain. Le monde économique illustre bien la contradiction entre des activités de plus en plus basées sur les notions de réseaux et de responsabilités, et les contradictions provoquées par des objectifs inchangés au niveau des instances de décision, notamment en termes de croissance indéfinie (pour les Etats) et de profit maximal (pour les entreprises). Ceci illustre bien la nécessité d'incorporer une réflexion sur les valeurs collectives et individuelles qui orientent nos actions en complément (ou dans) d'une réflexion sur l'intelligence collective.
Dans ce premier article sur l'intelligence collective, je voudrais surtout souligner l'émergence d'outils informatiques collaboratifs libres (open source) et le plus souvent gratuits, qui permettent à des communautés dites virtuelles de collaborer volontairement à des oeuvres communes, avec souvent autant sinon plus d'efficacité que des entreprises orientées par le profit.
Une des meilleures illustrations de ces réalisations est l'encyclopédie en ligne Wikipédia, qui compte aujourd'hui plus de 3 millions d'articles en une dizaine de langues, en faisant la plus grande encyclopédie au monde. Le système Wiki permet à tout internaute d'ajouter ou de modifier très rapidement (le temps d'écrire ou de copier-coller) un ou des articles, contribuant ainsi à l'oeuvre commune. Un système dangereux et fragile, me direz-vous ? Une étude récente a montré que Wikipédia ne contenait pas plus d'erreurs que n'importe quelle encyclopédie renommée traditionnelle.
L'arbre Wikipédia cache tout une forêt, avec banque de données d'images, de livres ou de dictionnaires libres de droits. Les wikis sont utilisés par des communautés de plus en plus nombreuses, dont des scientifiques pour partager leur savoir d'un bout à l'autre du monde. Voir par exemple The tree of life qui répertorie les formes de vie sur terre, leur évolution et phylogenèse. Un de mes projets favoris est Ekopédia, un projet d'encyclopédie pratique traitant des techniques alternatives de vie.
En plus des wikis, les forums électroniques en ligne ou hors ligne, et les systèmes de gestion de contenu, permettent la création de pôles de communication autour de centres d'intérêts partagés et d'autres formes de construction collective. Le site Framasoft est un excellent point de départ pour explorer les possibilités des logiciels libres, dans de nombreux domaines, ayant trait ou non à l'intelligence collective et au travail collaboratif.
Dimanche 8 janvier 2006
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Pourquoi le choix d'un nom aussi exotique et mystérieux ?
Tout simplement parce que le quetzal est un des plus beaux oiseaux du monde, qu'il est timide, et que sa présence est un indicateur de la préservation de la biodiversité dans les forêts tropicales d'altitude d'Amérique centrale. Bref, c'est un oiseau qui va à l'essentiel, dans un monde humain de plus en plus voué au culte de l'apparence et de l'immédiateté. Il nous enseigne la beauté de la nature et de la vie en général, ainsi que l'interconnexion de toutes choses.
En 1996, lors de ma première visite dans cette région du monde, j'ai passé plusieurs semaines au Mexique et au Guatemala avec le désir de voir un specimen d'une des espèces de cet oiseau mythique. J'ai dormi dans un hôtel en construction près du Biotope du Quetzal pour me lever à 5 heures du matin et entrer subrepticement dans ce parc naturel avant son ouverture, car le quetzal est un oiseau matinal. Je l'ai entendu, grâce à la complicité du garde-forestier, mais manqué de peu de le voir. J'ai su ainsi que le quetzal émet deux types de chants distincts, dont l'un quand il courtise sa femelle.
Chez le quetzal, comme chez beaucoup d'espèces animales, c'est le mâle qui a la plus belle parure, une longue queue qui peut faire plusieurs fois la longueur de son corps. Car c'est un oiseau de très petite taille.
Pour une explication plus scientifique, allons sur Wikipédia, l'excellente encyclopédie collaborative en ligne que je vous recommande :
"Le nom de quetzal (ou Couroucou royal) désigne 5 espèces d'oiseaux de la zone néotropicale appartenant au genre Pharomachrus et à la famille des trogonidés.
Son nom vient du dieu maya, Quetzalcoatl, le serpent à plumes, dont il est une des formes."
Image stylisée de quetzal issue d'un ouvrage de sciences naturelles
Quetzal en glyphe préhispanique (on dirait une bande dessinée !)
Par Pierre W.Johnson
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Publié dans : Bienvenue - Welcome
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