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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /2008 14:50


Notre planète n'est pas une anomalie dans l'univers, c'est notre système qui l'est. C'est la conclusion actuelle d'innombrables observations et études scientifiques menées par les scientifiques du monde entier qui étudient notre univers.



Les scientifiques ont conclu à l'abondance des systèmes solaires comportant des exoplanètes (planète orbitant autour d'une étoile autre que le Soleil). Mais dans la plupart de ces systèmes, l'environnement est instable et menaçant. Pour quelles raisons ?

D'abord parce que les simulations mathématiques montrent que ces systèmes eux-mêmes sont dans presque tous les cas instables : le jeu des forces de gravitation entre les planètes aboutit à l'expulsion de certaines d'entre elles, ou à leur absorption par leur étoile (il n'y a pas que des bonnes étoiles !). Rappelons qu'à partir de 3 astres, un système de gravitation représente une équation presqu'impossible à résoudre. Il faut donc de puissants ordinateurs pour simuler le mouvement des systèmes observés, qui sont encore bien plus complexes.

Ensuite parce que de nombreuses régions de notre univers sont proches de phénomènes puissants et destructeurs pour toute vie : trous noirs, super novas, etc.

L'évolution de la vie sur notre planète au cours des 4 569 derniers millions d'années (résumés dans une exposition gratuite au Jardin des Plantes de Paris) représente donc une durée privilégiée et inouïe dans les conditions chaotiques de notre univers.

Dans un discours prononcé la semaine dernière à Clermont-Ferrand, le généticien Albert Jacquard rappelait pour sa part que l'espèce humaine, dotée de conscience, était également insolite dans l'ensemble des espèces vivantes, passées et présentes. C'est cette singularité qui seule lui permettra de sortir de l'impasse de son mode actuel de développement social et technique.

C'est quelques faits et réflexions scientifiques devraient nous donner une grande humilité, et nous inciter à préserver cet équilibre fragile de la vie sur Terre.

  • L'émission "la Tête au Carré", dont sont extraits ces données scientifiques
  • Ecouter en ligne une conférence où Albert Jacquard développe les idées mentionnées
  • "Aux sources de la Terre", exposition au Jardin des Plantes, jusqu'au 30 novembre. Voir notamment son Allée du temps.
  • Et si vous voulez voir une vidéo rap expliquant l'utilité des dernières expérience du CERN pour comprendre les mécanismes à l'origine de la création de l'univers, allez ici.

 
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Intelligence collective - Collective intelligence - Communauté : Vive le désordre !
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /2008 23:33
Peut-on concilier l'écologie avec la pratique du tout-jetable ? On peut se poser la question en prenant connaissance de l'initiative de Phil Bridge, un jeune anglais de 21 ans : créer la première gamme de vélos en carton, biodégradable et recyclable.


L'initiative, présentée par Ecolo-trader (cela ne s'invente pas) laissera un peu songeurs les partisans de la décroissance et de la sobriété conviviale. Un des déclencheurs de cette initiative est, semble-t-il, le taux élevé de vol de vélos au Royaume Uni : un vélo volé presque toutes les minutes. Dès lors, pourquoi ne pas fabriquer un vélo de peu de valeur (en l'occurrence 15 euros), jetable comme un stylo Bic ? La durée de vie d'un tel vélo, hors vol, serait d'au moins 6 mois. Le matériau se prête également à une exploitation publicitaire, par des sponsors privés, indique le site Ecolo-trader.
Alors, écologique, le vélo jetable en carton ? Peut-être, si on oublie que l'écologie, c'est aussi l'art du lien et de la relation. Et qu'il vaut peut-être mieux traiter le mal (en l'occurence le vol de vélo) que d'essayer de le contourner. Mais est-on sûr de la bonne stratégie ? En tout cas, voilà une belle réalisation.

L'article de Ecolo-trader
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Modes de vie durables - Sustainable Livelihoods - Communauté : Vivre bien autrement !
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Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /2008 13:30
Pour répondre aux engagements internationaux de l’Union Européenne en matière de réduction de gaz à effet de serre (GES), une directive européenne oblige les pays européens à avoir en 2015, 5% des carburants utilisés provenant d’énergies renouvelables. Cinq ans plus tard, en 2020, la proportion devra être double, 10% d'énergie renouvelable.

Depuis la formulation de cette directive les agrocarburants de première génération sont sur le banc des accusés, y compris dans les rangs de la Banque Mondiale. Ils sont perçus comme étant largement en compétition avec la production alimentaire et une des causes de la hausse des prix des matières premières. La communauté internationale d’une méthode reconnue d’analyse et de mesure de leur efficacité, mais il est certains que l’impact des agrocarburants de première génération (canne à sucre, huile de palme, betterave, etc.), de nature eux-mêmes très diverse, est différencié, et souvent importante. Les agrocarburants de 2e génération (algues, biomasse) ne seront pas au point avant plusieurs années, mais leur rendement devrait être supérieure et leur impact plus acceptable.

En attendant les développements de la recherche, on peut se réjouir de la décision des députés européens de contrôler le développement des biocarburants de première génération. Selon le magazine Enerzine :

  • Sur les 5% fixés pour 2015, 1% du devra être constitué de sources renouvelables non agricoles ou de biocarburants de seconde génération.

  • Sur les 10% fixés pour 2020, les députés préconisent que 40% proviennent de ces énergies non concurentielles avec la production alimentaire.

  • L'impact de cette intégration des énergies renouvelables dans les carburants devra être évalué en 2014.
Des critères précis sont prévus pour assurer une contribution de la biomasse à la réduction des GES, et plusieurs critères sociaux ont été incorporés au texte, notamment  le respect des droits des communautés locales sur leurs terres, et une rémunération équitable des travailleurs.

Les députés ont appelé la Commission a mettre en place un régime de sanctions à l'encontre des Etats membres qui ne respecteraient pas les objectifs communautaires.

La proposition de directive sera proposée en séance plénière du Parlement européen au début du mois d'octobre. Elle doit être adoptée d'ici la fin de l'année.
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Vivre bien autrement !
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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /2008 12:36
Le carnet de bord du Beluga, le premier cargé a avoir levé les voiles, permet d'en savoir plus sur la genèse et le développement du projet de SkySails. Le principe n'est, on l'a compris, "pas de remplacer les moteurs à explosion des bateaux de commerce, mais de les compléter pour en réduire la gloutonnerie en fioul. Cette propulsion hybride des mers s'adaptera sur la flotte existante. "

On apprend également que la flotte mondiale de cargo est composée d'environ 40 000 unités, et que l'ambition de Stephan Wrage, jeune PDG de SkySails, est d'équiper 2,2% de la flotte mondiale en 2015. Le coût d'équipement par bateau de commerce serait compris entre 500 000 et 2, 5 millions d'euros. Le marché ouvert à SkySails et les profits potentiels sont donc énormes.

Voici la vidéo du lancement du Beluga :

 


D'autres projets s'inspirent de la turbo voile du commandant cousteau (l'Alcyone). On apprend ainsi quele Fonds Orcelle est un cabinet d'architecture spécialisé dans la conception de bateaux verts

L'
Orcelle semble être dans un premier temps un projet de navire fonctionnant aux énergies hybrides.


Ce type de navire fonctionnerait aux énergies solaire (sur les voiles rigides), éolienne, et marée-motrice (sur les côtés). Sa coque serait une coque de trimaran modifée !

Les gains énergétiques serait sûrement supérieurs à la voile de SkySails, mais cette dernière a l'avantage de pouvoir s'adapter immédiatement sur un cargo conventionnel.


Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Vivre bien autrement !
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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /2008 15:01

 

Une société allemande a développé un modèle de voile d'altitude susceptible de réduire de 10 à 35% leur consommation de carburant.

Aujourd'hui, seule la navigation de plaisance fait usage de l'énergie des vents. Les derniers grands navires marchands à utiliser des voiles ont été construits au début du XXe siècle en Grande-Bretagne. Ainsi se terminait cinq siècles de domination de l'énergie éolienne sur les mers. La machine à vapeur, puis le pétrole avaient, semble-t-il, sonner le glas de l'utilisation de cette énergie simple, renouvelable et en quantité presque inépuisables.  Seuls les navigateurs de plaisance, tels Eric Tabarly, s'efforçaient de faire progresser les techniques de navigation et de construction des voiliers. Mais les capacités et la puissance des cargos à moteur paraissaient sans rivales possibles pour un usage commercial.


Pourtant, la progression même des loisirs de bord de mer est sur le point d'apporter peut-être une petite révolution dans la navire marchande. Une entreprise allemande, Skysails, s'est inspiré des kitesurfs (une planche semblable à celle de surf attachée à une aile d'altitude semblable à un cerf volant permet au sportif de glisser sur l'eau, même à contre-courant). Elle a ainsi développé et testé de grandes ailes volantes pouvant être attaché à un cargo, et ainsi réduire sa consommation d'hydrocarbures. Dans un contexte de hausse tendancielle du prix du pétrole, cette appoint écologique pourrait intéresser les sociétés maritimes.

Les résultats annoncés par l'entreprise sont de 10 à 35% de carburant économiser, avec autant de CO2 émis en moins. S'il ne s'agit pas de LA solution miracles aux problèmes de la pollution engendrée par l'explosion des échanges internationaux, notamment sur mer, cette technique y contribue certainement. Le développement de cette entreprise est certainement un "signal faible" des transitions énergétiques qui pourraient toucher le monde maritime. Un des aspects les plus intéressants de cette nouvelle est que le développement de cette technique devrait impliquer l'application de savoirs-faire de la navigation à voile sur ces monstres des mers.

Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Les créatifs culturels
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /2008 11:02
Bonus à l'achat et abaissement de la TVA

La Gazette des Communes, revue s'adressant aux collectivités territoriales, nous informe que le Comité de promotion du vélo a demandé le 26 août dans un communiqué la prise en compte de la bicyclette dans la fiscalité "verte" qui doit être annoncée par le gouvernement à la rentrée, avec un bonus à l'achat d'un deux roues et une TVA réduite. Ce Comité, créé en 2001, rassemble tous les acteurs du vélo en France : collectivités territoriales, associations d¹usagers, fédérations sportives, constructeurs de matériels et distributeurs... Il oeuvre pour la valorisation de la bicyclette dans toutes ses composantes : mode de déplacement quotidien et de loisirs, outil de développement touristique. Il organise chaque année la Fête du vélo, ainsi que les Trophées du vélo, concours qui récompense tout projet ou initiative menée par des collectivités territoriales, des associations ou des entreprises, en faveur d¹une politique vélo.

Le Comité demande
que "le vélo, mode de déplacement à part entière et non polluant par excellence, plébiscité par beaucoup de citadins mais grand oublié du Grenelle de l'Environnement, soit pris en compte". En effet, Denis Baupin, adjoint Vert au maire de Paris, président depuis 2006 de ce comité, affirme que les mesures comme le bonus malus sur les voitures, bien que "nécessaires, ne sont pas suffisantes pour réduire de façon significative la pollution et son corollaire de nuisances et de méfaits pour la santé". Le Comité propose donc notamment un bonus à l'achat d'un vélo, l'abaissement de la TVA sur les bicyclettes, accessoires et services d'entretien, et une indemnité pour les déplacements domicile/travail effectués à deux roues.

L'exemple néerlandais

Chacun sait que les Pays-Bas sont le numéro un mondial de la pratique du vélo. La dernière revue de l'Inpes (Institut national de prévention et éducation pour la santé). que des politiques publiques ont encouragé dès les années 80 et 90 cette pratique par des mesures incitatives. "Par exemple, acheter un vélo par le biais d'un employeur est exonéré de taxe, et beaucoup d'employeurs offrent une bicyclette à leurs employés tous les trois ans. Les km parcourus en deux roues donnent droit à des produits, sur le modèle des "miles" aériens".

L'extension du bonus-malus écologique

Le bonus-malus écologique est un début de fiscalité verte, qui est bienvenu dans le paysage économique actuel. Son extension à d'autres secteurs que l'automobile est l'objet de négociations serrées entre le Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire (MEEDAT - désolé, l'intitulé de ce ministère semble changer tous les 6 mois) et le Ministère de Finances. Les mesures en cours sont cependant bien limitées et timides. Mais ce sont des premiers pas encourageants.

Favoriser les déplacements en vélo et en transports en commun

La réflexion sur la fiscalité et aux modes de déplacement me semble cependant s'arrêter à mi-chemin. Il faut rappeler qu'une partie significative des dépenses publiques est liée à l'entretien de la voirie (pose et rénovation du revêtement de nos rues et routes, construction de nationales et d'autoroutes financées par l'Etat malgré les péages, pose et opération des systèmes de feux de circulation), et que l'automobile est un des principaux facteurs de la pollution urbaine. Dès lors, celles et ceux qui circulent uniquement en vélo ou en transports en commun contribuent, financièrement par leurs impôts, à des infrastructures qu'ils n'utilisent pas ou très peu (sauf lorsqu'ils prennent le bus). En effet, un centre-ville réservé aux piétons et vélos a besoin de rues beaucoup moins larges et surtout moins souvent rénovées qu'un centre-ville occupé par l'automobile. Nos députés pourraient-ils proposer un crédit d'impôt aux personnes et ménages n'ayant pas de véhicule motorisé particulier ? Ce serait une incitation forte et nouvelle à  pratiquer des modes de déplacement écologiques. La part d'impôt pourrait être également réduite, peut-être dans une moindre mesure, pour les habitants proposant systématiquement leur voiture en co-voiturage à leurs collègues de travail.

Certes, les impôts concernés seraient principalement les impôts locaux, et ceci représenterait une baisse des revenus des collectivités locales, déjà parfois mal en point par une décentralisation inachevée. Mais celle-ci pourrait  être compensé soit par la mise en place d'autoroutes urbaines dans les grandes métropoles (ceci fonctionne déjà à Londres) soit par de moindres dépenses de voirie, et à terme de santé publique, ainsi que par une contribution des employeurs au frais de déplacement, partagés et écologiques, de leurs salariés, une mesure légitime qui n'est partiellement appliquée qu'en région parisienne. L'objectif serait que finalement chacun et chacune assume le plus possible toutes les conséquences de ses choix de déplacement sur la collectivité.

J'ajoute que l'existence du vélo électrique rend accessible ce mode de transport à des nouveaux publics (dont la force physique, pour une raison ou une autre a besoin d'être assistée). Les personnes âgées et les handicapés pourraient être aidés pour l'achat ou la location de ce type de deux-roues.

Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Vivre bien autrement !
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Mercredi 20 août 2008 3 20 /08 /2008 10:26
La Semaine Mondiale de l'Eau réunit tous les ans au mois d'août à Stockholm pour des discussions informelles les organisations intéressées par la question de l'eau et de l'assainissement : entreprises, gouvernements, ONGs. Cette année, cette semaine est consacrée à la question de l'assainissement "Pour un monde propre et sain".



C'est dans ce cadre que le Programme Solidarité Eau (PS-Eau), qui réunit les acteurs français de l'eau, organise le jeudi 21 août au soir un débat sur l'objectif de l'assainissement, en posant explicitement la question suivante : "S'agit-il d'un objectif de santé publique ou d'un objectif de préservation de l’environnement ?".

Dans une optique de développement durable, ou même soutenable, la réponse est bien entendu pour nous "les deux bien sûr !". Il n'y a pas de santé sans une eau propre, et le manque d'assainissement porte atteinte à l'environnement. Comme l'écrit le PS-Eau, les deux objectifs sont complémentaires :

"En s’appuyant sur des expériences de terrain, une session parallèle co-organisée, dans le cadre de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, par le ministère français en charge de l'écologie (MEEDDAT), le Partenariat français pour l'eau (PFE), le Conseil des ministres africains de l'eau (AMCOW) et le groupe de travail Afrique de l'Initiative européenne pour l'eau (EUWI)", vise à montrer que ces deux objectifs ne sont pas contradictoires, mais au contraire complémentaires, quelle que soit la technologie considérée (assainissement autonome, collectif, ou intermédiaire). Mieux, cette complémentarité est indispensable pour le développement du secteur de l'assainissement sur le continent africain."

Complémentaires, ils le sont non seulement en Afrique, mais également sur tous les autres continents.

Rappelons cependant que, dans le monde, 2 personnes sur 6 n'ont pas accès aux services d'assainissement (soit 2,6 milliards de personnes), soit plus encore que celles n'ayant pas accès à l'eau potable (1,1 milliards, chiffres OMS 2004). Voir à ce sujet les excellentes cartes du Monde Diplomatique, en lien ci-dessous. Faire progresser l'accès à l'eau et à l'assainissement est indispensable pour faire avancer les
Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Les solutions ne sont pas seulement techniques (dans le traitement de l'eau), mais également socio-politiques et environnementales (dans la préservation de la qualité de l'eau, et la construction d'infrastructures adaptées à des contextes différents).

Jon Lane, le président du Conseil de concertation pour l'approvisionnement en eau et l'assainissement (WSSCC) confiait lundi à l'AFP que "l'assainissement doit devenir une priorité". Face au constat qu'il y a "cinq fois plus d'argent investi dans l'accès à l'eau potable que dans l'assainissement, alors que si on regarde les chiffres, cela devrait être l'inverse", le fonds créé par le WSSCC en mars dernier s'est fixé comme objectif la collecte de 100 millions de dollars par an, soient 67,8 millions d'euros.

Cette aide sera principalement consacrée à la création d'un réseau d'assainissement digne de ce nom dans certains pays en voie de développement et en priorité au Burkina Faso, au Sénégal, en Ouganda, au Pakistan, en Inde, au Népal et à Madagascar.

Toujours selon Jon Lane, un tel recul en matière d'assainissement dans certains de ces pays serait dû au fait qu'il s'agit là d'un sujet tabou dans beaucoup de cultures, ce qui expliquent les réticences rencontrées auprès de certains dirigeants. Il ajoute également ironiquement, "on ne gagne pas de vote en parlant d'excréments".

(information enviro2B)


Si vous êtes à Stockholm, à la semaine mondiale de l'eau, vous êtes cordialement invité à participer à cette session parallèle (
invitation) qui se tiendra Jeudi 21 août 2008 de 17h30 à 20h00, au Stockholmsmässan,
en salle K 24. Cette session bénéficiera d’une traduction simultanée français/anglais.


Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Vivre bien autrement !
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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /2008 08:36
Hier mardi, s'achevait les négociations au 9e jour à l'Organisation Mondiale du Commerce sur un constat d'échec. A l'OMC, tout accord doit être pris par consensus de l'ensemble des pays membres (153 actuellement).
  

Défense et illustration de l'agriculture par les pays émergents d'Asie


Alors que les Etats-Unis ont monté le ton contre l'Inde et la Chine, qui demandent un renforcement du Mécanisme de Sauvegarde Spécial, censé protéger les agriculteurs pauvres des pays en développement, les négociateurs de ces pays, et notamment de la Chine, ont argumenté de façon apparemment convaincante en démontrant que les pays industrialisés ne sont pas aussi libéraux qu'ils le prétendent, et demandent au pays en développement plus d'efforts qu'à eux-mêmes.


Pour ceux qui sont familiers des négociations internationales sur le commerce, voici le détail des différends techniques :

Selon ICTSD, observateur des négociations "La proposition de Lamy – permettant des mesures correctives au titre du MSS qui dépassent les consolidations tarifaires actuelle à hauteur de 15 % mais uniquement si les volumes des importations augmentent de 40 %, avec une limite à 2,5 % des lignes tarifaires – a été jugée insuffisante par le G-33. Avec le Groupe africain, le Groupe ACP et le groupe des Petites économies vulnérables, le G-33 a présenté une proposition alternative qui permettrait à ces pays de dépasser les consolidations tarifaires actuelles de 7%, avec un plafonnement des mesures correctives à 30 % au-dessus des niveaux consolidés actuels, déclenchées par des hausses de volumes à partir de 10 %."

Pas encore d'accord sur la banane


Il n'y avait pas encore eu non plus d'accord au 29/08 sur la banane. Les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), qui bénéficient d'une protection tarifaire sur le marché européen, ont indiqué qu'ils s'opposeraient à un accord si les droits de douane pour les pays latino-américains étaient baissés.


Le clash franco-européen


Parallèlement, le président français Nicolas Sarkozy prenait le risque d'un psychodrame diplomatique intra-européen :

Compliquant davantage la conclusion d’un accord potentiel, la France a pris l'initiative lundi d'une coalition de neufs pays européens pour faire pression en faveur de meilleurs termes pour un accord. La France cherche notamment à éviter un accord sur l'agriculture qui l'obligerait à reconsidérer sa politique dans ce domaine. Le gouvernement français a ainsi pris en porte-à-faux le Commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, qui a obtenu l'appui des États membres de l’Union Européenne sur une position concertée bien entendue avant les négociations à Genève. L'agence Reuters indique que la création de la nouvelle alliance pourrait néanmoins miner sa crédibilité dans les discussions.

Quelles conclusions peut-on tirer de cette semaine de négociations ?


Principalement, le fait que les pays en développement, et notamment les pays émergents Chine, Inde, Brésil, Argentine, ont appris à mieux maîtriser les termes de négociations toujours complexes et extrêmement technique. Le compte-rendu des argumentations de l'ambassadeur chinois à l'OMC Sun Zhenyu face à la négociatrice américaine Susan Schwab fait apparaître une argumentation très convaincante, et une connaissance fine des dossiers. La Chine a adhéré à l'OMC en 2001 seulement et a consenti à prendre des mesures d'ouverture de ses marchés radicales, qu'elle voudrait voir compensé par des mesures d'égale ampleur dans les pays occidentaux, et par un mécanisme de sauvegarde spécial pour l'agriculture efficace.


Accessoirement, la psychodrame franco-européen dévoile des fissures dans la position européenne, et l'existence de points de vue divergent sur l'opportunité de concessions aux pays en développement, et d'une adaptation de la politique agricole commune européenne aux compromis négociés à l'OMC. La position française vise-t-elle à défendre une agriculture plus durable ? Rien n'est moins sûr... Mais c'est un autre sujet.


A la voix fatiguée et à l'anglais hésitant du directeur de l'OMC,
que vous pouvez écouter ici, regrettant que le dossier coton et d'autres n'aient pas pu être évoqué, on comprend que le chemin vers un multilatéralisme équilibré est encore très long...
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Choc & Chaos
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /2008 10:15
Les journaux français saluent ce matin un accord obtenu à la réunion des 153 membres de l'OMC à Genève, sur le dossier du marché de la banane, un dossier épineux qui opposent des blocs de pays depuis plusieurs décennies. S'agit-il d'une avancée, ou de la simple application d'une décision déjà prise, et qu'en est-il du reste des discussions dans cette enceinte internationale de négociations ?



Rappelons tout d'abord l'état de la discussion sur le dossier "banane", fruit le plus consommé et le plus échangé au monde. Pour cela, il sera utile d'en rappeler l'importance, puis l'organisation du commerce international.

Selon la FAO, "L'industrie de la banane engendre une source importante de revenus, d'emplois et de recettes d'exportation pour la majeure partie des pays exportateurs, principalement pour les pays en développement d'Amérique Latine et des Caraïbes ainsi que pour ceux d'Asie et d'Afrique. Le montant annuel total des exportations mondiales de banane est évalué à plus de 4,7 milliards de dollars et représente, de toute évidence, une source vitale de revenus pour de nombreux pays."

Le principal différend opposait l'Union Européenne, plus grand importateur mondial, aux multinationales américaines alliées aux pays producteurs d'Amérique latine. En effet, l'UE appliquait un régime privilégié aux pays de ses anciennes colonies ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), avec l'absence de tarifs douaniers à l'importation, et par conséquent les bananes originaires de ces pays se retrouvent sur le marché européen à des coûts moindres que les bananes latino-américaines, deuxième grande région exportatrice. Dans des pays comme les pays d'Amérique centrale (dont les anciennes républiques bananières !) et l'Equateur, quatre multinationales d'origine américaines dominent verticalement toute la filière, de la production à l'exportation.

On apprend aujourd'hui que l'Union européenne aurait accordé ce week-end aux pays d'Amérique latine une baisse des droits de douane. Mais les pays ACP ont déclaré attendre des mesures compensatoires pour donner leur accord. Ces mesures permettraient notamment de compenser les pertes de revenus à l'export provoquées par cette ouverture du marché de la banane.

Entre parenthèse, notons que s'il existe une surproduction sur le marché de la banane, expliquant des prix bas, les marchés de la banane biologique et de la banane équitable sont en pleine expansion depuis la fin des années 1990. Celles-ci pourraient constituer de véritables alternatives aux conditions de travail très difficiles pour les travailleurs (salaires très bas, large usage des pesticides, etc.) et aux dommages à l'environnement habituellement constatés pour cette culture. Le graphique ci-dessous illustre la croissance des marchés biologiques et équitables pour la filière banane de 1998 à 2003 (source : CNUCED).




Si vous n'avez aucune information sur la question, un petit dossier de "La Case aux enfants" rappelle quelques réalités utiles à connaître sur le commerce de la banane. Un dossier un peu ancien de Novethic donne quelques informations additionnelles.

S'agit-il donc d'un réel succès pour les pays en développement ? Le dossier de la banane met en évidence les différences d'intérêt entre différents groupes de pays en développement. D'autre part, des observateurs étrangers font remarquer que cet accord résulte notamment de l'application de la décision de l'Organe de Règlement des Différends dans le différend opposant depuis 1993 les Etats-Unis et l'Union Européenne sur ces pays, ce que les journaux européens et en tout cas français se sont bien gardés de rappeler, semble-t-il.

Or, de nombreux autres dossiers sont en cours de discussion à l'OMC, sur l'"accès au marché pour les produits non agricoles" (AMNA), industrie et services, notamment. Et sur ces fronts, les observateurs constatent peu de progrès dans les discussions. L'Organisation Mondiale du Commerce se présente en effet comme un vaste espace de discusion (certains diront de marchandage) sur des questions de nature très différente. Une concession d'un pays ou, plus souvent, d'un groupe de pays, sur une question, amène à demander une compensation sur une autre question, sans rapport logique, mais se situant à l'ordre du jour des négociations.

Selon l'organisation de la société civile ICTSD, par exemple, "L’Argentine s’est plainte du fait que les projets de texte qui ont servi de base aux négociations sur l’agriculture et l’AMNA au cours de l’année passée exigeaient des pays en développement qu’ils abaissent les tarifs industriels de manière disproportionnée par rapport aux réformes agricoles proposées par les pays riches." Pour sa part, l'Inde a fait figure au cours des négociations actuelles d'intransigeante, en estimant que les mesures proposée au titre de "mécanisme de sauvegarde spéciale" ne protégeait pas suffisamment les paysans pauvres, avec un seuil de déclenchement de 40% d'augmentation des importantions agricoles. Pour sa part, le Brésil estime que le niveau de 15% de droit de douane permis par ce mécanisme est insuffisant (source : Folha online). Ces deux pays émergents n'ont pas la même position sur cette question.

Le Japon lui-même s'est déclaré « profondément mécontent de la proposition de Lamy» (le directeur général de l'OMC), essentiellement sur le nombre de produits sensibles, a indiqué The Economic Times, un journal indien.

En conclusion, l'avancée des discussions à l'OMC apparait comme beaucoup plus limitée que l'annonce qui en est faite dans nos journaux. Dans la mesure ou les discussions piétinent depuis des années, et où le niveau de complexité de celles-ci semble rendre difficile tout accord, il est temps de se demander s'il n'est pas nécessaire d'inventer d'autres modes de discussion et de négociations. Dans cet ordre d'idées, plusieurs pistes sont tracées par des organismes indépendants : une réorganisation du système multilatéral, qui obligerait les négociateurs commerciaux à mieux tenir compte du droit international des personnes et du travail, et/ou une plus grande participation de la société civile.


Sources : Organisation Mondiale du Commerce, Centre International pour le Commerce et le Développement Durable, Folha online, Libération, Le Monde, Novethic, CNUCED
Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Développement durable - Sustainable Development - Communauté : Choc & Chaos
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Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /2008 16:55

Pendant que les gouvernements des 153 pays participant à l'Organisation Mondiale du Commerce discutent à Genève des conditions d'une nouvelle vague de libéralisation du commerce, il semble bien que les engagements pris au début du millénaire par ces gouvernements, et tous ceux participant à l'ONU, soient tombés à l'arrière-plan de la discussion politique. Plus grave, les observateurs signalent qu'à mi parcours et plus (l'échéance est 2015), beaucoup de ces engagements auront du mal à être suivis.

Pour faire connaître au grand public ces engagements, et raffraichir à tous la mémoire, le Comité interministériel pour la coopération internationale et le développement affiche sur un site Internet les 8 objectifs que la communauté internationale s'est engagé, dans le cadre des Nations Unies, à accomplir d'ici 2015.




En parcourant ce site, vous aurez une vue rapide des objectifs du millénaire :


Pour en savoir encore plus, voici le lien au site officiel des Objectifs du Millénaire pour le Développement, incluant des objectifs précis et leurs indicateurs :

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement


Par Pierre W. Johnson - Publié dans : Droits économiques, sociaux et culturels - Communauté : Je rêve d'un autre monde.
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