La Banque du Sud vue du Brésil

Publié le par Pierre W. Johnson

Mon ami Marcos Arruda, directeur d'une ONG brésilienne basée à Rio, oeuvrant pour une socio-économie solidaire depuis plusieurs dizaines d'années, vient de publier un article sur le Brésil et la Banque du Sud. Comme cette article est en espagnol, je traduis ici les passages les plus marquants :

Selon Marcos Arruda, le gouvernement Lula mène une politique qui ne deplaît pas aux puissances économiques et financières du pays, puisque sa politique assistancialiste ne met pas en cause leur hégémonie. La politique extérieure est moins conservatrice, mais est le résultat de tensions entre deux courants : l'un plus pro-multinationales et favorable à la souveraineté du pays dans les espaces de négociations multilatérales comme l'OMC, et l'autre davantage coopérative et solidaire, dans la perspective d'une intégration non seulement économique mais aussi populaire de l'Amérique du Sud et du continent dans son ensemble.

C'est dans ce contexte que s'exprime la position du gouvernement brésilien face à la Banque du Sud. Il faut rappeler que celle-ci est une initiative du Vénézuela, dont le rôle pro-actif au niveau continental a surpris plus d'un gouvernement : après avoir intégré le Mercosur, lancé l'initiative Alternative Bolivienne des Amériques et participé aux négociations sur la Communauté Sud-Américaine des Nations, le Vénézuela a obtenu le consensus des 12 pays d'Amérique du Sud pour le lancement de l'Union des Nations Sud-Américaines.

La Banque du Sud est l'initiative la plus récente du Vénézuela. Le Brésil ne s'y est rallié pleinement que lorsque celle-ci eut obtenu l'adhésion d'autres pays d'Amérique du Sud. En effet, les élites politiques et économiques de Sao Paulo, le principal pôle économique et industriel du sous-continent, sont traditionnellement méfiantes envers toute initiative qui pourrait mettre en jeu leur position hégémonique. Mais la réaction du Brésil doit plus à l'obligation de prendre une part pro-active à l'initiative vénézuelienne plutôt qu'à une vision inspirée de l'intégration latino-américaine.


Commenter cet article