Les programmes volontaires de compensation de carbone

Publié le par Pierre W. Johnson

Voyager pour connaitre d'autres peuples, voire dans un but humanitaire, c'est bien.  Mais nous savons que l'avion est le mode de transport le plus polluant (sur une distance de 300 à 400 kilomètres, il émet 50 à 60 fois plus de CO2 que le TGV, 1,5 fois et demi plus qu'une voiture ordinaire).  Les gaz à effet de serre émis par le kérosène contribuent au réchauffement climatique de la planète.

A défaut de trouver des modes de transports moins destructeurs, les voyageurs qui le souhaitent peuvent depuis quelques années participer aux programmes de compensation volontaire du CO2 (gaz carbonique) proposés par des associations.  Ces programmes permettent de calculer en ligne les émissions de CO2 générées par nos déplacements en avion et de choisir un reversement volontaire d'une somme permettant de financer des projets de développement économes en CO2 dans les pays du Sud.

L'association Tourisme et Développement Solidaire a recensé trois initiatives en France :

  •  CO2 solidaire association pionnière sur ces questions, créée par le GERES, ONG de développement,
  •  Climat mundi, créée par des militants de l’environnement
  •  Action carbone, présidée par Yann Arthus-Bertrand
L'ADEME effectue une étude pour comprendre la grande diversité de projets de ce type, en France et à l'étranger.

La remarque générale que l’on peut faire sur de tels projets est double :

  • Est-il possible de compenser réellement la contribution de chacun à l’émission de CO2 et donc au réchauffement climatique ? Non, si l’on prend en compte le fait que toute atteinte à cet ensemble complexe d’écosystèmes qu’est la Terre (et que certains appellent Gaïa) a des effets non réversibles sur ses équilibres fragiles. Le réchauffement climatique va bouleverser la répartition des espèces, ainsi que les données sanitaires et démographiques de l’espèce humaine. La seule chose sur laquelle nous puissions encore avoir une influence, c’est l’échelle à laquelle ceci va se passer, selon le ralentissement ou non que nous parvenons à générer dans les pollutions que nos modes de production et de consommation génèrent.

  • Les déplacements en avions sont sans doute la partie la plus emblématiques de ces modes de production et de consommation, mais aussi sur lesquels nous pourrions le plus facilement avoir un impact : l’accroissement prévu des voyages aériens pour le tourisme dans les prochaines années est phénoménal. Pourtant, ceux-ci ne sont pas réellement nécessaires, au sens vital du terme. Nous pourrions tout aussi bien passer nos vacances plus prêts de chez nous, visiter des contrées ou des provinces proches, et donc choisir des modes de déplacement moins polluants.

Il ne serait alors pas la peine de faire appel à des programmes que certains qualifient déjà de nouveaux marchés d’indulgences (au Moyen-Âge, l’Église catholique vendait des bons, ou indulgences, aux croyants, pour qu’ils passent moins de temps au Purgatoire).

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Pierre 25/07/2007 16:44

Ajout / PrécisionIl y a deux autres initiatives recensées en France par l'ADEME :* Forest Avenir* Planet UrgencePour son programme Horizon Climat, l'ADEME "a prévu de ne miser que sur des opérations prévues aux procédures de Kyoto" (source : Environnement Magazine).