Velib' ou vélorution ?

Publié le par Pierre W. Johnson

Après Lyon, la capitale a lancé un nouveau système de vélos en libre service, toujours en partenariat avec l'afficheur Jean-Claude Decaux.  Ce dispositif démarrera avec un peu plus de 10 600 cycles, attachés à autant de bornettes réparties dans 750 statiions. D'ici la fin de l'année,  Paris devrait compter 20 600 deux-roues pour 1 451 points de dépôt.  Les aires de stationnement sont empruntées aux zones de livraison, aux places de parking et, quand ils sont suffisamment larges, aux trottoirs.

On pourra par exemple utiliser un velib' le matin et le soir pour aller de chez soi au métro, le soir pour en complément ou en remplacement du taxi.

Alors, révolutionnaire le projet Vélib, comme l'annonce le Figaro, dont sont extraites ces informations (vérifiées dans les rues de Paris, ou la construction de bornes, qui seront inaugurées le 15 juillet, avance à grand pas) ? Pas si sûr.

Depuis des années, l'association Vélorution organise en France et dans toute l'Europe des randonnées en ville et en vélo pour dénoncer le caractère dangereux et malsain de l'usage de l'automobile en ville.  Notons au passage que Paris est la seule des villes européennes où la police se soit opposé à la présence de cyclistes nudistes, exprimant la fragilité du corps humain en ville... Ce qui n'a pas empêché plusieurs dizaines d'entre eux de manifester.

Pour Vélorution, le projet de JCDecaux n’est pas vélorutionnaire mais complètement publicitaire. "Vélorution défend un développement massif des moyens de transports non polluants et ceci dans une démarche globale de réduction de toutes les pollutions et nuisances liées aux autres modes de transports : gaz à effet de serre, pollution visuelle, appropriation de l’espace public, perte de convivialité, violence routière, etc."

"Les vélos JCDecaux ne sont pas gratuits : ils sont facturés sous forme de manque a gagner sur la recette publicitaire pour la ville. Cet argent aurait pu être utilisé pour offrir un vrai service public de vélos en libre-service. (...)

Le projet Vélo-18 (projet de vélo en libre-service du 18è arrondissement) démontre qu’il est possible d’offrir des vélos en libre-service au même coût que JCDecaux mais sans couplage avec un marché de publicité et dans une authentique démarche d’économie sociale et solidaire à l’échelle de la capitale."

On peut en effet être choqué par les termes de l'appel d'offre de la mairie de Paris, qui associait la construction d'un système de mise à disposition de vélos et la mise en place de panneaux d'affichage publicitaires. Du sur mesure pour JC Décaux et ses concurrents !

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