Microsoft condamné - de l'air pour l'opensource

Publié le par Pierre W. Johnson

La condamnation, par le Tribunal de première instance (TPI) auprès de la Cour de justice européenne, de Microsoft a près de 500 millions d'euros d'amende pour "abus de position dominante" est une décision parfaitement justifiée et fondée, juridiquement et intellectuellement.   Cette décision arrive après seulement quinze mois d'examen de l'affaire, un record. Elle a été aussitôt "saluée" par la Commission Européenne. La société de Richmond pourrait également se voir confirmer la condamnation au paiment de 280,5 millions d'euros supplémentaires, pour insuffisance de documentation technique, une des mesures correctives demandées.

Microsoft était accusé d'abuser de son "quasi-monopole sur le marché des systèmes d'exploitation – qui équipe 95 % des ordinateurs individuels – afin de restreindre la concurrence" dans deux secteurs distincts : les serveurs installés au cœur des réseaux informatiques des entreprises, et les logiciels de lectures de fichiers sonores et vidéo, avec la vente liée de "Media Player". 

Microsoft avait certes sorti un an et demi après sa condamnation une version de Windows sans MediaPlayer, mais celle-ci a connu un échec commercial en Europe. Mais les mesures correctives sur l'interopérabilité sur le marché des serveurs d'entreprises n'ont pas été suffisament bien appliquées. D'oû la condamnation supplémentaire.

A l'heure du travail en réseau, de l'internet et du logiciel collaboratifs, qui n'empêchent pas les initiatives privées de se multiplier sur ces mêmes bases, le business model de Microsoft (logiciels propriétaires, vérouillage de l'information et des logiciels, prise en otage des clients d'ordinateur et de logiciels, opacité sur ses solutions techniques) apparait déjà comme archaïque.  Il tient encore par la force de l'habitude (la courbe d'apprentissage d'une alternative, comme Linux ou Apple parait encore trop raide à de nouveaux utilisateurs) et des contrats passés avec les constructeurs.  Mais Microsoft ne sera peut-être bientôt plus dans l'air du temps.

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