Mondes virtuels et écologie

Publié le par Pierre W. Johnson

L'usage de plus en plus intensif des nouvelles techologies de l'information et de la communication créent aussi bien de nouvelles pressions sur l'environnement que des opportunités d'alléger la pression globale des activités économiques sur la biosphère. Loin de l'image idyllique d'un monde virtuel innocent, l'agence de presse Novethic a calculé qu'un « avatar » virtuel consomme autant d'énergie qu'un vrai Brésilien.

Voici quelques autres informations glanées sur le Net :

Pressions sur l'environnement

L’informatique ne s’est pas préoccupée jusqu’à présent de l’impact sur l’environnement de l’ensemble de son activité, de la conception, production, commercialisation, à l’utilisation des produits.
Les utilisations actuelles des TIC engendrent une augmentation directe du nombre de déplacements, de la production de papier et de carbone, alors qu’elles susceptibles de les réduire.

Quelques chiffres :
- En combinant le nombre croissant d’internautes (qui devrait doubler à peu près tous les 2 ans) et la pression numérique de plus en plus importante de notre quotidien (près de 400 Go de données crées sur internet par seconde dans le monde) par le facteur du coût de gestion des données (le coût de gestion d’un octet- stockage, sécurisation, indexation puis recherche - double chaque année), on projette des coûts énergétiques absolument phénoménaux.
- Pour fabriquer 24 kg de PC, il faut 1,8 tonne de matériaux bruts (UN Report 2003).
- de 300 à 400 millions de PC sont produits chaque année. En 3 ans de durée de vie, chaque PC aura généré environ 0,5 tonne de CO2, 108 kg de déchets et consommera à peu près 10 Giga joules (Digital Europe project FTF 2002).
- La durée de vie d’un PC tend à diminuer pour se rapprocher de 2 ans (Stanford research), du fait notamment de la migration vers Vista. Choisissez Linux ou Mac OS !
- Il faudra recycler entre 400 et 500 millions de PC fin 2007 rien que parce qu’ils seront incapables de s’adapter aux nouvelles technologies.
- L’énergie nécessaire pour connecter les 1,6 milliards de nouveaux usagers en 2010 devra tripler (estimation de Sun Microsystems basée sur les données deeTForecasts, Internet World Stats and Netcraft.com).
- Les nouvelles cartes graphiques supportant les nouvelles versions des jeux comme Far Cry consomment 500 watts.
- Les ordinateurs et téléphones portables utilisent souvent plus de 1000 matériaux, dont des métaux lourds (rares), qui circulent dans le monde entier. Malgré les efforts d’éco-conception de quelques constructeurs, ils génèrent énormément de transports et beaucoup d’emballage. La directive européenne sur les déchets électriques et électroniques, en application depuis le 15 novembre 2006 en France, ne règle pas tout. Elle est même souvent incomprise.
L’usage des technologies de l’information pose aussi des risques sanitaires d’ordre physiques et psychologiques. Ils sont liés directement au temps passé devant les écrans (concourent directement à l’obésité, mais aussi à des problèmes de vue ou de dos). Il y a un réel risque d’accélération de problèmes comportementaux du fait de l’exposition des enfants qui ne peut être totalement contrôlée à certains sites –violents, pornographiques. Des études sur ce sujet sont à mener, ainsi que la sensibilisation des acteurs de l’éducation, qui par ailleurs se numérise de plus en plus. Pour limiter les risques de rejets, il est indispensable d’aborder ces questions lors de débats publics, avec la participation de tous les acteurs.

Opportunités positives

En contrepartie, les nouvelles techologies peuvent contribuer à alléger le point de l'éconoie sur l'environnement, et à accroître les activités les plus "propres".

Le développement du télétravail permet de diminuer directement les impacts environnementaux de l’activité humaine. Les technologies de l’information permettent aussi l’organisation du co-voiturage, et l'optimisation des transports en commun, en traçant par exemple son itinéraire sur Internet.
. Les  TIC permettent de mieux comprendre par la simulation les gaspillages. Le succès de Londres sur la circulation routière est clairement lié à une utilisation très intelligente des technologies de l’information.
. L’information environnementale toujours amené un progrès démocratique.
. Il y a d’énormes besoins de compétences pour développer les technologies pouvant contribuer à répondre aux enjeux du développement durable. De nombreux secteurs économiques peuvent en profiter : des modes de transport moins gourmands en carburant, des bâtiments plus efficaces en matière énergétique (eau, carbone) etc. Il est à rappeler que les transports et le bâtiment représentent aujourd’hui plus de 50 % des pollutions.
Les outils de management environnemental permettent d’identifier et de mettre en oeuvre des démarches de progrès importantes. Le rétablissement de boucles courtes, moins impactantes et souvent garantes de lien social, ouvrent des champs considérables en terme d’emploi.
. Toute démarche de développement durable est fondée sur la participation, la gouvernance (‘empowerment’). C’est tout l’enjeu du collectif, du collaboratif. Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, il est envisageable de réellement parler de co-gestion, de co-décision, de co-production. Pour cela, il convient de faire progresser réellement le niveau culturel global, et donc d’éduquer et de former.

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