Débat G. Payen - R. Petrella

Publié le par Pierre W. Johnson

Vendredi 24 février, le Syndicat Interdépartemental pour l'Assainissement de l'Agglomération Parisienne (SIAPP) organisait, dans une ambiance très "chic", sur la péniche l'Excellence, en province de professionnels du secteur de l'eau, un débat entre Gérard Payen, conseiller à l'eau de Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies, et Riccardo Petrella, chercheur militant pour un Contrat Mondial pour l'Eau.

Tous deux impliqués à titre professionnel dans le secteur de l'Eau et de l'Assainissement (Gérard Payen chez Véolia Eau, ex Générale des Eaux, premier opérateur mondial des services de l'eau ; Ricardo Petrella dans la gestion de l'Aqueduc des Pouilles, le plus grand aqueduc d'Europe).

Gérard Payen a précisé qu'il y a à l'heure actuelle aux Nations Unies 23 départements s'occupant de l'eau, mais son secrétaire générale Kofi Annan voudrait créer un Conseil de l'Eau au sein de l'institution. Il a rappelé les trois objectifs internationaux sur l'eau, concernant : la gestion de l'eau, l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, et regretté qu'il n'y ait pas d'objectif sur la pollution et les métropoles. Il a affirmé que sur l'accès à l'eau, le statu quo n'était pas acceptable, car plus d'un milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'eau potable. Il a affirmé qu'il s'agit d'un problème de gouvernance plus que de financement. Le Partenariat Français sur l'Eau apportera 9 messages politiques au Forum Mondial de l'Eau, dont trois à retenir : prendre en compte l'assainissement, faire valoir le rôle des collectivités locales et sur la mise en oeuvre de l'accès à l'eau, et sa gratuité pour les plus démunis.

Ricardo Petrella a dénoncé le scandale de l'inefficacité de la communauté internationale depuis 30 ans, les "balivernes" des partenariats public-privé (PPP) et de la "nouvelle culture de l'eau" depuis Dublin en 1992. Les pouvoirs publics perdent toute compétence sur l'eau, au détriment des multinationales.  Il est en désaccord sur le diagnostic de la raréfaction de l'eau,  qui semble inévitable à cause de l'accroissement démographique à G. Payen. Pour Petrella elle pourrait être prévenue, étant le fait de mauvaises pratiques de gestion, notamment au niveau agricole. Quand on voit les différences dans la consommation moyenne d'eau entre un habitant des États-Unis et d'Afrique, on peut constater qu'il y a bien inégalités dans l'accès à l'eau. D'autre part, l'Uion Européenne avait promis en l'an 200 un milliard de dollars pour l'accès à l'eau en Afrique. Elle vient de réduire ce chiffre à la moitié, dont seulement 250 millions ont été appliqués, allant à 70% à des entreprises et consultants européens.

Avec des forums officiels et alternatifs sur l'eau, et l'élection d'un nouveau secrétaire général aux Nations Unies, 2006 et 2007 seront des années décisives pour la définition de politiques d'accès à l'eau et à l'assainissement pour tous.

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