Engagements internationaux : OMDs ou OMC ?

Publié le par Pierre W. Johnson


Pendant que les gouvernements des 153 pays participant à l'Organisation Mondiale du Commerce discutent à Genève des conditions d'une nouvelle vague de libéralisation du commerce, il semble bien que les engagements pris au début du millénaire par ces gouvernements, et tous ceux participant à l'ONU, soient tombés à l'arrière-plan de la discussion politique. Plus grave, les observateurs signalent qu'à mi parcours et plus (l'échéance est 2015), beaucoup de ces engagements auront du mal à être suivis.

Pour faire connaître au grand public ces engagements, et raffraichir à tous la mémoire, le Comité interministériel pour la coopération internationale et le développement affiche sur un site Internet les 8 objectifs que la communauté internationale s'est engagé, dans le cadre des Nations Unies, à accomplir d'ici 2015.




En parcourant ce site, vous aurez une vue rapide des objectifs du millénaire :


Pour en savoir encore plus, voici le lien au site officiel des Objectifs du Millénaire pour le Développement, incluant des objectifs précis et leurs indicateurs :

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement


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Marie 25/07/2008 16:39

Tout n'est pas parfait dans l'action entreprise depuis un an, mais elle a au moins le mérite de chercher à rattraper ce qui aurait dû être fait depuis trente ans. Bien sûr, le rythme imposé est endiablé et secoue sans ménagement un pays habitué au train-train des grèves à répétition et aux abandons successifs d'indispensables réformes. Mais peut-on laisser la France sombrer sous prétexte qu'il ne faut pas la réveiller trop brusquement ?Depuis longtemps, les responsables politiques montrent du doigt notre déficit budgétaire croissant. Mais qu'ont-ils fait pour le réduire ? Aujourd'hui, au moins, on prend des mesures courageuses pour résoudre ce problème, par exemple en réduisant le nombre de fonctionnaires. Alors que l'on chipote sur une année supplémentaire de cotisations retraite, a-t-on pris conscience que, dans quarante ans, l'âge moyen de la population française dépassera 60 ans ? Qui paiera les retraites si nous n'augmentons pas la durée d'activité ?La réforme de la carte judiciaire était déjà dans les cartons d'Elisabeth Guigou : il fallait la faire. La réforme de l'armée, avec les indispensables économies qui y sont associées, avait été évoquée depuis longtemps : il était temps de l'entreprendre.« A télévision publique argent public, à télévision privée argent privé . » Ce slogan était celui de la gauche et un objectif du gouvernement Jospin. Mais il suffit que Sarkozy reprenne l'idée pour que cela provoque un tollé ! C'est un cadeau fait à Bouygues sous forme de publicité, disent certains. Mais, en taxant les téléphones mobiles, fait-on plaisir à Bouygues Telecom ? Dans la tourmente que va subir le secteur de la télévision, tourmente liée au développement de la TNT, retirer la publicité de la télévision publique, n'est-ce pas la sécuriser ?De même, c'est une plaisanterie de dire qu'en supprimant quelques dizaines de milliers de postes d'enseignants du secondaire on va affaiblir l'enseignement public. Commençons par récupérer les 30 000 postes d'enseignants qui n'enseignent pas, puis arrêtons de multiplier les options improbables intéressant deux ou trois élèves par classe, ce qui aboutit à quarante langues étrangères au niveau du bac ! Est-ce vraiment inutile d'instaurer la garde des enfants en temps de grève au lieu de continuer à pénaliser les familles les plus modestes qui ne peuvent payer une garde et perdent de ce fait un jour de travail par jour de grève ? Quant au dialogue social, ne fallait-il pas le rénover ? L'accord patronat-syndicats sur la « flexisécurité » n'est-il pas une date historique dans la réforme de notre Code du travail ? Fallait-il continuer de considérer que le dialogue social était le maintien des avantages acquis et l'abandon de toute réforme sauf à encourir une manifestation de rue ?Et la réforme de la carte hospitalière dont on parle depuis Simone Veil, Henri Nallet ou Claude Evin, ne fallait-il pas la faire ? L'idée de garder les petits hôpitaux partout, mais en concentrant les moyens lourds et les interventions délicates sur les grands centres, ne va-t-elle pas permettre de faire des économies, mais aussi de sécuriser ceux qui vivent à la campagne et voyaient la fermeture annoncée de l'hôpital local comme une menace sur leur vie ?On a raillé la mise en place du traité de Lisbonne. Malgré les réticences polonaises, Sarkozy a réussi. L'Europe, hier en panne, est repartie. Certes, aujourd'hui, l'Irlande a bloqué le processus. Mais est-ce sa faute ? Il suffit de fréquenter les grands pays d'Europe pour s'entendre dire partout que le seul espoir de la relance de l'Europe, c'est Nicolas Sarkozy. J'ai assisté au discours de la Knesset, courageux, équilibré et pugnace. J'y ai vu un Netanyahou applaudir et un Simon Peres donner l'accolade à notre président, puis j'ai entendu le lendemain Mahmoud Abbas exprimer sa satisfaction. Pourtant, que n'a-t-on dit sur l'Union pour la Méditerranée, la réunion à Paris du 13 juillet et la venue de Bachar el-Assad ? N'en déplaise aux grincheux, le résultat est là : Syrie, Liban, Israël et Palestine se parlent à nouveau. Tout n'est certes pas réglé, mais il y a de l'espoir. Alors, bien sûr, dans ce bilan d'un an de Sarkozy, il y a pour moi des points de désaccord, des zones d'ombre et plus encore des insuffisances. Par exemple, je ne crois pas que ma morale laïque, celle de mes instituteurs, soit en rien inférieure à celle que dispensent les curés. J'ai été hostile aux tests ADN pour l'immigration, car je ne crois pas que la famille soit fondée sur les gènes.Enfin, si je suis sceptique sur la possibilité d'une augmentation uniforme du pouvoir d'achat, je crois qu'il y a beaucoup à faire pour combattre les inégalités et les injustices sociales. Il faut le constater : le courage est de retour en politique. Il est fini, le temps où un Mitterrand ou un Chirac sacrifiaient leur ministre de l'Education nationale, Lionel Jospin, Luc Ferry ou François Fillon, pour satisfaire les syndicats d'enseignants ! Les sondages, dont la pratique abusive tendait à instaurer une fausse démocratie directe, voient leur rôle amoindri. Ils ne semblent guère peser, et c'est tant mieux, sur la détermination d'un président décidé à réformer malgré une cote négative.Sarkozy est-il responsable de tout, comme nous le feraient croire certains médias ? Est-il responsable de la crise des subprimes créée par l'irresponsabilité des banquiers américains ? Est-il responsable de l'augmentation du prix du pétrole ? Est-il responsable du fait que l'Europe se soit dotée d'une banque centrale dont le mandat ne permet pas de lutter pour la croissance et contre le chômage ? A-t-il tort de faire la comparaison avec la réactivité des instances américaines correspondantes ?  Est-il responsable de l'aphasie du PS ? C'est alarmant, car la France a besoin d'une opposition et d'une gauche. La politique d'ouverture est une bonne chose, mais elle ne remplacera pas une opposition imaginative, critique, alternative.Une opposition qui comprenne enfin que la France doit bouger très vite pour s'adapter au monde nouveau. Bref, qui reconnaisse que, dans sa démarche hyper-volontariste, Nicolas Sarkozy a fondamentalement raison.