L'assainissement : objectif de santé publique et d'environnement

Publié le par Pierre W. Johnson

La Semaine Mondiale de l'Eau réunit tous les ans au mois d'août à Stockholm pour des discussions informelles les organisations intéressées par la question de l'eau et de l'assainissement : entreprises, gouvernements, ONGs. Cette année, cette semaine est consacrée à la question de l'assainissement "Pour un monde propre et sain".



C'est dans ce cadre que le Programme Solidarité Eau (PS-Eau), qui réunit les acteurs français de l'eau, organise le jeudi 21 août au soir un débat sur l'objectif de l'assainissement, en posant explicitement la question suivante : "S'agit-il d'un objectif de santé publique ou d'un objectif de préservation de l’environnement ?".

Dans une optique de développement durable, ou même soutenable, la réponse est bien entendu pour nous "les deux bien sûr !". Il n'y a pas de santé sans une eau propre, et le manque d'assainissement porte atteinte à l'environnement. Comme l'écrit le PS-Eau, les deux objectifs sont complémentaires :

"En s’appuyant sur des expériences de terrain, une session parallèle co-organisée, dans le cadre de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, par le ministère français en charge de l'écologie (MEEDDAT), le Partenariat français pour l'eau (PFE), le Conseil des ministres africains de l'eau (AMCOW) et le groupe de travail Afrique de l'Initiative européenne pour l'eau (EUWI)", vise à montrer que ces deux objectifs ne sont pas contradictoires, mais au contraire complémentaires, quelle que soit la technologie considérée (assainissement autonome, collectif, ou intermédiaire). Mieux, cette complémentarité est indispensable pour le développement du secteur de l'assainissement sur le continent africain."

Complémentaires, ils le sont non seulement en Afrique, mais également sur tous les autres continents.

Rappelons cependant que, dans le monde, 2 personnes sur 6 n'ont pas accès aux services d'assainissement (soit 2,6 milliards de personnes), soit plus encore que celles n'ayant pas accès à l'eau potable (1,1 milliards, chiffres OMS 2004). Voir à ce sujet les excellentes cartes du Monde Diplomatique, en lien ci-dessous. Faire progresser l'accès à l'eau et à l'assainissement est indispensable pour faire avancer les
Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Les solutions ne sont pas seulement techniques (dans le traitement de l'eau), mais également socio-politiques et environnementales (dans la préservation de la qualité de l'eau, et la construction d'infrastructures adaptées à des contextes différents).

Jon Lane, le président du Conseil de concertation pour l'approvisionnement en eau et l'assainissement (WSSCC) confiait lundi à l'AFP que "l'assainissement doit devenir une priorité". Face au constat qu'il y a "cinq fois plus d'argent investi dans l'accès à l'eau potable que dans l'assainissement, alors que si on regarde les chiffres, cela devrait être l'inverse", le fonds créé par le WSSCC en mars dernier s'est fixé comme objectif la collecte de 100 millions de dollars par an, soient 67,8 millions d'euros.

Cette aide sera principalement consacrée à la création d'un réseau d'assainissement digne de ce nom dans certains pays en voie de développement et en priorité au Burkina Faso, au Sénégal, en Ouganda, au Pakistan, en Inde, au Népal et à Madagascar.

Toujours selon Jon Lane, un tel recul en matière d'assainissement dans certains de ces pays serait dû au fait qu'il s'agit là d'un sujet tabou dans beaucoup de cultures, ce qui expliquent les réticences rencontrées auprès de certains dirigeants. Il ajoute également ironiquement, "on ne gagne pas de vote en parlant d'excréments".

(information enviro2B)


Si vous êtes à Stockholm, à la semaine mondiale de l'eau, vous êtes cordialement invité à participer à cette session parallèle (
invitation) qui se tiendra Jeudi 21 août 2008 de 17h30 à 20h00, au Stockholmsmässan,
en salle K 24. Cette session bénéficiera d’une traduction simultanée français/anglais.


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