
Terra Economica est aussi allé voir du côté des 4 principaux organismes de compensation des émissions de gaz à effet de serre. Ces derniers sont formels : aucun ministère, pas plus l’Elysée, ne font appel à eux pour compenser leurs émissions de CO2.
Revenons aux déplacements de Nicolas Sarkozy. Première info : à voir la configuration d’une semaine présidentielle, pas question pour le chef de l’Etat de grimper dans un train. Le 2 avril dernier, par exemple, après un conseil des ministres le matin, le chef de l’Etat se rendait à Nantes pour le congrès de la FNSEA, avant d’atterrir le soir au Sommet de l’OTAN, à Bucarest. Le 3 mai, il était en Haute-Savoie le matin, et à Rome l’après-midi, le 5 juin direction Saumur, le 6, embarquement pour Athènes, avant de gagner, le 7, Beyrouth. D’ailleurs, souhaiterait-il glisser un petit TGV dans le planning qu’il ne faudrait même pas y penser. Selon nos sources, un trajet en train implique un dispositif de sécurité complexe comprenant la réservation de trois wagons entiers et une opération de déminage. Du coup, il n’y a pas une semaine sans que le président ne s’envole. Ce sont les contraintes du métier.
Tony Blair encore plus lourd, François Mitterrand "super CO2"
Qu’en est-il des homologues européens de Monsieur Sarkozy ? Mystère ! A ce jour, il existe peu ou pas de bilans carbones des édiles de ce monde. Le journal britannique The Independant a publié, il y a un an, une estimation du bilan carbone de Tony Blair sur l’année 2006. Selon une méthode similaire à celle utilisée par Terra Economica, The Independent a estimé les émissions des déplacements du chef du gouvernement à 8 127 tonnes équivalent CO2 en seulement 55 voyages ! La faute au Boeing 777, très lourd. Utilisé sur les longs courriers, il émet environ 50 kilos éq.CO2 au kilomètre ! Beaucoup plus polluant que l’A319CJ.
D’autres chefs d’Etat, avant Nicolas Sarkozy et Tony Blair, ne se sont pas privés de lâcher les gaz. Ainsi le président François Mitterrand courait-il le monde en
Concorde. Chic mais extrêmement polluant.
Pas question, ici de lancer un concours. D’ailleurs l’Elysée ne compense – toujours - pas ses émissions, mais consent tout de même quelques gestes. Il y a un an, à
l’appel d’un collectif d’associations, le palais de l’Elysée a symboliquement éteint ses lumières « cinq minutes pour la planète ». Estimation : 7 kilogrammes de CO2 économisées,
soit un millionième du bilan CO2 du président de la République.
Bilan encore sous-évalué
Parce qu'il n'a pas pris en compte le chauffage et l’électricité
consommés par l’Elysée ;
Parce qu'il n'a pas pris en compte les frais de bouche et de réception
de l’Elysée ;
Parce qu'il n'a pas pris en compte l’impact écologique des autres
avions qui accompagnent le Président (exemple : lors d’un déplacement en Guyane ayant pour thème la biodiversité et le développement durable les 11 et 12 février dernier étaient
mobilisés : un A340, deux A319, un Falcon 900, un Antonov, deux Transall et deux hélicoptères).
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