Un Grenelle de la mer discret mais efficace

Publié le par Pierre W. Johnson

Cet article publié par Enviro2B illustre plusieurs principes portés en France par le Collectif Richesse :

- La gestion des véritables richesses suppose d'avoir une vision de long terme, de respecter les cycles naturels, et d'arriver à un accord entre les acteurs concernés.

Même si les espèces maritimes "produits de la mer" sont encore vus comme des stocks à préserver, on entre dans le domaine qualitatif, lorsque le principe de la conservation du milieu marin, voire de sa restauration, est adopté.

- L'identification des points de désaccord (le thon rouge) est aussi important que celui des accords.

On peut se réjouir de cette avancée, dans ce domaine qui nous tient à coeur.

Bonne lecture.

 Le Grenelle de la mer sous vent portant


Peu médiatisé, le Grenelle de la mer semble pourtant avancer dans le bon sens, à en croire les écologistes qui annoncent être tombé d'accord sur un plan de gestion à long terme de la réserve halieutique avec les représentants syndicaux des marins pêcheurs.

A l’occasion de la 3e réunion des Groupes de travail qui s'est déroulé mercredi dernier, les principales centrales syndicales CGT et CFDT et la fédération France Nature Environnement annoncent avoir trouvé ne position commune. Qualifié d'"historique", cet accord est tout à la fois symbolique que pratique selon les écologistes de France Nature Environnement.

Pour le collectif, symboliquement, cette prise de position montre que des acteurs de terrain de nature et de sensibilité différente peuvent parvenir à des propositions concrètes communes et bénéfiques sur tous les plans. FNE tient à saluer la prise de conscience très forte des grands syndicats français et européens dans les années récentes, tant pour ce qui concerne l’urgence écologique que pour la chance que représente la prise en charge de cette question, pour l’emploi, la dignité des personnes et l’équité sociale.

Plan de gestion à long terme

Sur un plan concret, et en dépit de l’existence de différences de points de vue sur un certain nombre de questions clairement identifiées et énoncées, comme par exemple la pêche du thon rouge, cette déclaration commune introduit une série de propositions concrètes et ambitieuses pour effectuer l’indispensable changement de cap. Les organisations signataires demandent la mise en place de plans de gestion à long terme fondés sur le double principe du non-dépassement des capacités de renouvellement des stocks (rendement maximal admissible) et de la conservation du milieu marin, voire de sa restauration.

Plus concrètement, selon cet accord, ces plans doivent prévoir un travail de partenariat entre pêcheurs et scientifiques pour le renforcement des connaissances et le suivi de la situation, et la préservation de la biodiversité et des écosystèmes associés aux pêcheries. Par ailleurs, écologistes et syndicalistes souhaitent l’encouragement des circuits courts et la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et le renforcement de la qualité sanitaire des produits de la pêche, notamment en ce qui concerne les enfants.

New Deal des mers

FNE précise que d’autres questions essentielles comme la traçabilité des produits ou l’éco-conditionnalité des aides au secteur, sont également concernées par l’accord. Pour Christian Garnier, vice-Président de FNE, responsable du suivi du Grenelle de la mer : « La position commune des trois organisations constitue une étape significative dans un processus de renouvellement profond de la stratégie maritime de la France et de l’Europe. Dans cette perspective de progrès d’un « New deal des mers », elle est naturellement ouverte à d’autres partenaires qui voudraient œuvrer dans la même direction. »

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