Tierra Madre - Rencontre mondiale des communautés nourricières

Publié le par Pierre W. Johnson

Rencontre Mondiale des Communautés Nourricières - Turin, 26-30 octobre 2006


Terra Madre
est un réseau de communautés de la nourriture engagées, chacune dans son contexte géographique et culturel, à sauvegarder la qualité des productions agro-alimentaires locales. Les communautés partagent les problèmes engendrés par une agriculture intensive préjudiciable des ressources naturelles et une industrie alimentaire de masse visant à l'homologation des goûts et mettant en danger l'existence même des petites productions. Terra Madre est une réponse concrète donnée par des paysans et des producteurs du monde entier.

Au sein du réseau de Terra Madre, les communautés confrontent leurs difficultés réciproques, échangent des expériences et s'adressent à leurs gouvernants en une seule et même voix (soit la Lettre des communautés aux gouvernants). Après la première rencontre enthousiasmante d'octobre 2004, à laquelle ont participé 5000 délégués de 130 pays différents, les communautés de la nourriture se retrouveront encore à Turin du 26 au 30 octobre 2006 pour faire le point sur les initiatives développées et penser à de nouvelles propositions pour l'avenir. Elles présenteront les projets entrepris et consolideront les collaborations instituées au niveau local et international.

L'édition 2006 se propose aussi de favoriser les rapports entre les communautés de la nourriture et la restauration de qualité en invitant à la manifestation plus de mille cuisinières et cuisiniers. Le monde de la nourriture bonne, juste et propre a son fondement dans les communautés mais ce sont les chefs du monde entier qui constituent le lien fondamental entre la production et la consommation de produits locaux de qualité.

La rencontre de Terra Madre 2006 fera participer plusieurs universités qui travaillent dans le secteur de l'agro-alimentaire durable. La voix de la communauté académique pourra donc enrichir le débat des producteurs grâce aux idées proposées par la recherche scientifique.

Les communautés de la nourriture, les cuisiniers et les universités deviendront ainsi les trois pôles fondamentaux d'un réseau mondial qui souhaite protéger la qualité de la nourriture, les ressources de la planète et la dignité des petits producteurs artisans.

Vers Terra Madre

D'où vient l'idée de Terra Madre?

Tout a démarré en 1996, au cours d'un dîner dans l'un des meilleurs restaurants du Piémont. L'un des plats de résistance est le poivron farci : son secret repose sur la douceur et le consistance pulpeuse du légume. Mais, ce soir-là, le poivron n'était pas vraiment succulent. Le chef a expliqué que les maraîchers du coin avaient remplacé la variété traditionnelle de poivron par la culture de bulbes hollandais de tulipes. Et que, ironie du sort, les poivrons hollandais arrivaient en Italie.

À partir de cette information, se dessine une nouvelle conscience : la gastronomie doit voir au-delà de la table, elle doit devenir de l'éco-gastronomie.

C'est ainsi que l'Arche du Goût, catalogue de produits d'excellence en danger d'extinction, lève l'ancre et qu'en 1999, naissent les Sentinelles, projets pour soutenir les petits producteurs. Le Salon du Goût de l'an 2000 présente quatre-vingt-dix Sentinelles italiennes, l'édition de 2002 voit arriver les premiers projets internationaux et, en 2003, pour soutenir les activités du Sud du monde, naît la Fondation Slow Food pour la Biodiversité.


Autour de ces projets vont mûrir des thèmes et des stratégies, comme la bataille pour une agriculture sans OGM, la défense du lait cru, la sauvegarde des races autochtones, la protection de l'origine. Des thèmes qui ne concernent pas que les produits de l'Arche ou les 300 Sentinelles mais touchent tous ceux qui représentent, dans le monde, une nouvelle idée de l'agriculture: bonne, juste et propre. D'où le concept de communautés de la nourriture qui nous fait arriver, en 2004, au plus grand événement culturel jamais organisé par Slow Food : Terra Madre, qui rassemble 5000 personnes provenant du monde entier. L'échange d'informations, d'idées et de solutions s'avère l'instrument le plus efficace pour défendre le travail des communautés et la biodiversité agro-alimentaire.

Pour donner une suite et un poids politique à cette initiative, Slow Food s'est posé comme défi principal de consolider un réseau mondial de communautés de la nourriture.


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