Money 2, thriller 100% bio ? pas vraiment convaincant...

Publié le par Pierre W. Johnson

Une amie m'a offert pour mon anniversaire le dernier ouvrage de Paul-Loup Sulitzer : Money 2. La manchette annonce "Le 1er thriller 100% bio". Je n'avais jamais lu de roman de cet écrivain populaire. Le dernier souvenir que j'ai de ce nom remonte à mon adolescence, lorsque des camarades de classe se moquaient du personnage, et de ses romans, selon eux "écrits par un nègre". Le thème de celui-ci était cependant tendance, ce pourquoi cette amie me l'avait acheté. Ca devait être sûrement marrant...

 

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CC PhOtOnQuAnTiQuE

Money 2 est en fait l'histoire d'un homme de bonne famille qui reconstitue sa fortune en créant la "première banque 1000% éthique" basée en Afrique, une banque coopérative à laquelle tout représentant du genre humain, pauvre ou riche, européen, asiatique, américain ou africain, peut adhérer à partir d'un versement de un euro en ligne. 30% des revenus sont reversés à une fondation oeuvrant pour le développement durable des pays pauvres, 10% sont versés aux fondateurs, et 20% restent aux clients-membres. Parallèlement, des activités touristiques 100% locales et solidaires sont créées.

Imaginée en quelques heures, le projet prend forme en quelques semaines. Mais le héros est poursuivi par un représentant du monde de la finance classique, ennemi héréditaire. L'écriture est simpl(ist)e, mais le scénario est enlevé. A côté des vieilles recettes du thriller à l'heure de la finance et de la globalisation (des personnages bien stéréotypés : les hommes à femmes, l'amante qui achète des fourrures, etc.), une histoire certes originale et un apparent bon sens écologique.

Mais le style de Paul-Loup Sulitez ne convainct pas... Les personnages et les lieux sont évoqués en quelques mots, de façon stéréotypée. Le scénario n'est pas particulièrement original, même si les détails en sont nouveau. Beaucoup d'aspects ne sont pas crédibles : monter une banque internationale ou même une agence de tourisme, cela ne se fait pas en quelques semaines, car il faut notamment des autorisations. Il y a même des confusions sur ce qui fait la nouveauté du titre : entre bio et solidaire, équitable et bio... L'auteur affirme que son personnage aurait créé les premières vacances solidaires, or cela existe déjà, certes à petite échelle, mais réelle.

Bref, on a l'impression d'avoir affaire au scénario d'une série B plutôt qu'à un roman. En fait, ce roman est plutôt un divertissement qu'autre chose, un roman de gare ou de plage, et encore : dans le train ou sur la plage, j'aime bien lire de la bonne littérature.

Publié dans Brèves - Short news

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