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Economie solidaire - Solidarity Economy

Vendredi 24 février 2006
Ce jeudi 23 février a eu lieu, à l'initiative du mouvement Utopia,un mouvement proche du Parti Socialiste Français, une table-ronde au cours de laquelle José Bové, de la Confédération Paysanne et Michel Rainelli, professeur d'économie, devaient répondre à Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce.

Après avoir expliqué les principes généraux sur lesquels était fondé l'organisation qu'il dirige, tout en affirmant que celle-ci était pour la guache un instrument de régulation potentiel, et que le libéralisme économique ne s'opposait pas aux valeurs de la gauche, le directeur général de l'OMC a affirmé que celle-ci évoluait plutôt dans un sens positif et plus équilibré pour les pays en développement.

Michel Rainelli a rappelé les problèmes de capacité et d'expertise des pays les plus pauvres, a regretté que les réformes du système de réglement des différends et des contre-mesures soient au point mort, défendu l'idée de transferts de revenus aux niveaux national et international pour compenser les "perdants" de l'ouverture des marchés. Il a conclu en démontrant la nocivité des accords sur les droits de propriété intellectuelle liés au commerce international, qui renforcent la protection donnée aux brevets, et un modèle états-unien de considérer ceux-ci.

José Bové a fait preuve d'une analyse plus sytémique et plus "politique", au bon sens du terme. Il a rappelé qu'un certain nombre de réalités faussait les règles du marché, comme la fluctuation des taux de change, le rôle de multinationales dans les positions des pays. L'évocation des résultats des panels sur le boeuf aux hormones, sur les OGM notamment a rappelé les questions posées par ces panels, dans leur relation à d'autres principes et traités internationaux. L'agriculture mettant sur le marché international seulement 10% de sa production, pourquoi forcer les pays à libéraliser systématiquement au moins 5% de tout produit, sinon pour satisfaire les intérêts des lobbys agro-industriels ?

La discussion à laquelle l'assistance a pris partie a largement repris le concept de "souveraineté alimentaire", défendu par les organisations paysannes regroupées dans la Via Campesina. Pascal Lamy a avoué n'avoir toujours pas compris ce concept, que José Bové défini comme le droit de produire sa propre alimentation dans des espaces géographiques donnés (pas seulement nationaux). Il a ajouté que l'effacement du rôle des États de garants des intérêts généraux de leurs populations pendant les négociations commerciales laissait la place au jeu des entreprises multinationales qui, souvent, font leur politique commerciale.

Au delà de l'accord général sur l'importance d'un cadre de négociation commerciale multilatéral, on a bien eu affaire à des visions opposées sur la place des marchés et de l'agriculture dans les régulations internationales. Les plus utopistes et les plus "réalistes" n'étant pas ceux que l'on croit.
Par Pierre W. Johnson
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Lundi 27 février 2006
Vendredi 24 février, le Syndicat Interdépartemental pour l'Assainissement de l'Agglomération Parisienne (SIAPP) organisait, dans une ambiance très "chic", sur la péniche l'Excellence, en province de professionnels du secteur de l'eau, un débat entre Gérard Payen, conseiller à l'eau de Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies, et Riccardo Petrella, chercheur militant pour un Contrat Mondial pour l'Eau.

Tous deux impliqués à titre professionnel dans le secteur de l'Eau et de l'Assainissement (Gérard Payen chez Véolia Eau, ex Générale des Eaux, premier opérateur mondial des services de l'eau ; Ricardo Petrella dans la gestion de l'Aqueduc des Pouilles, le plus grand aqueduc d'Europe).

Gérard Payen a précisé qu'il y a à l'heure actuelle aux Nations Unies 23 départements s'occupant de l'eau, mais son secrétaire générale Kofi Annan voudrait créer un Conseil de l'Eau au sein de l'institution. Il a rappelé les trois objectifs internationaux sur l'eau, concernant : la gestion de l'eau, l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, et regretté qu'il n'y ait pas d'objectif sur la pollution et les métropoles. Il a affirmé que sur l'accès à l'eau, le statu quo n'était pas acceptable, car plus d'un milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'eau potable. Il a affirmé qu'il s'agit d'un problème de gouvernance plus que de financement. Le Partenariat Français sur l'Eau apportera 9 messages politiques au Forum Mondial de l'Eau, dont trois à retenir : prendre en compte l'assainissement, faire valoir le rôle des collectivités locales et sur la mise en oeuvre de l'accès à l'eau, et sa gratuité pour les plus démunis.

Ricardo Petrella a dénoncé le scandale de l'inefficacité de la communauté internationale depuis 30 ans, les "balivernes" des partenariats public-privé (PPP) et de la "nouvelle culture de l'eau" depuis Dublin en 1992. Les pouvoirs publics perdent toute compétence sur l'eau, au détriment des multinationales.  Il est en désaccord sur le diagnostic de la raréfaction de l'eau,  qui semble inévitable à cause de l'accroissement démographique à G. Payen. Pour Petrella elle pourrait être prévenue, étant le fait de mauvaises pratiques de gestion, notamment au niveau agricole. Quand on voit les différences dans la consommation moyenne d'eau entre un habitant des États-Unis et d'Afrique, on peut constater qu'il y a bien inégalités dans l'accès à l'eau. D'autre part, l'Uion Européenne avait promis en l'an 200 un milliard de dollars pour l'accès à l'eau en Afrique. Elle vient de réduire ce chiffre à la moitié, dont seulement 250 millions ont été appliqués, allant à 70% à des entreprises et consultants européens.

Avec des forums officiels et alternatifs sur l'eau, et l'élection d'un nouveau secrétaire général aux Nations Unies, 2006 et 2007 seront des années décisives pour la définition de politiques d'accès à l'eau et à l'assainissement pour tous.
Par Pierre W. Johnson
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Vendredi 14 avril 2006
Dimanche 16 avril aura lieu la première Assemblée générale de la coopérative DHR (Direction Humaine des Ressources - non de travail), assemblée dite constituante ou construc…trice selon l’humeur. Elle concerne tous ceux et celles qui souhaitent soutenir et participer à la structure de près ou de loin.

La coopérative a pour objet :

"La recherche et l’expérimentation de modes équitables de production, de réalisation, de diffusion et d’édition, de tout objet artistique et artisanal, notamment dans les domaines phonographique, arts plastiques, graphiques, littéraires, audiovisuels et du spectacle vivant ; et généralement, toutes activités annexes, connexes ou complémentaires s’y rattachant directement ou indirectement ainsi que toutes opérations civiles, commerciales, industrielles, financières, mobilières, immobilières, pouvant se rattacher directement ou indirectement à la réalisation de l’objet social.

Elle a aussi pour objet l’organisation et la promotion de manifestations publiques dans des espaces publics ou dédiés et le développement d’actions artistiques et culturelles : formations, stages, rencontres, festivals…"

 
La réunion du 16 avril aura pour but la création factuelle de la coopérative. Les initiateurs de la coopérative veulent créer une coopérative SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif), nouveau statut de coopérative multipartenariale. Mais sa création est plus complexe. Donc, pour différentes raisons, et notamment la nécessité pour pouvoir s'appuyer rapidement sur une structure ils ont décidé de commencer par créer une coopérative dite « loi de 47 » en vue de la transformer en SCIC à moyen terme.

C'est une coopérative « classique », plus simple que la SCIC. Plusieurs sources dignes de confiance les ont éclairé sur la facilité de faire évoluer la première vers la seconde, sans attendre de réunir toutes les conditions nécessaire à l’existence d’une SCIC pour commencer à être opérationnels.

Cela permet d'une part d'avoir une structure pour déposer des dossiers, faire des factures, en recevoir, faire des demandes d'aide à l'emploi (CPE ou CNE on hésite encore...) et de pouvoir prendre le temps de faire exister la SCIC (plus compliquée, mais plus intéressante) ainsi que l'architecture interne de la coopérative afin de transformer la coopérative loi 47 en SCIC dans les prochains mois.
 
Le principe d'une coopérative c'est la participation de tous, que ce soit 10h par jour, 10h par mois, 10h par an, 10h par demi-siècle…

Cette participation passe aussi par une prise de part, comparée généralement à une prise de risque. Si vous devenez coopérateur, votre seule « obligation » sera la présence aux assemblées générales, ou de vous y faire représenter.
 
Contact avec les fondateurs : Laetitia, Vincent, Jeannot et Lorca
Par Pierre W. Johnson
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Mardi 27 février 2007
"Oikonomia" is a wider and broader concept of understanding the caring economy. It is a way of organizing life as a whole and comprises all the activities that keeep daily life functioning. A caring economy is about communities experiencing life together,of relationships, mutuality and reciprocity, and not about individual satisfaction and competition.

Quotation from Athena K. Peralta, 2005, "A Caring Economy - A Feminist Contribution to Alternatives to Globalization Addressing People & Earth (AGAPE). World Council of Churches - Justice, Peace and Creation Team, Geneva.
Par Pierre W. Johnson
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Mercredi 9 mai 2007
Selon Le Monde du 5 mai,

"Les ministres de l'économie de six pays sud-américains se sont mis d'accord, jeudi 3 mai à Quito, sur un calendrier en vue de la création d'une Banque du Sud. Outre l'Argentine et le Venezuela, qui ont pris l'initiative de la nouvelle institution régionale, étaient représentés le Brésil, la Bolivie, l'Equateur et le Paraguay. Une réunion technique est prévue à Rio de Janeiro le 11 mai, suivie d'une nouvelle rencontre ministérielle, le 22 mai à Asuncion."

"La proposition de l'Equateur est de créer deux institutions, le Fonds du Sud et la Banque du Sud, comme réponse politique au Fonds monétaire international, qui est un désastre pour le tiers-monde. (...) Le FMI est devenu le gendarme des créanciers de la région", a précisé le président équatorien, Rafael Correa.

L'action des institutions financières internationales (IFI) dans les pays en développement est dénoncée depuis plus de 20 ans par de nombreuses organisations non gouvernementales. Ces institutions soumettent les prêts qu'elles réalisent  à d'étroites considérations financières, qui suivent le dogme monétariste. Ces conditionnalités sont en réalité politiques, et obligent les pays qui les acceptent à réduire leurs dépenses budgétaires, notamment dans l'éducation et la santé, qui sont pourtant des clefs pour le développement, afin de pouvoir rembourser plus vite une dette, dont une grande partie est souvent illégitime :

Dans les années 1970, les pays en développement avaient une dette modeste, mais elle était libellée en dollar. Ce sont les réajustements monétaires durant ces années qui l'ont fait explosé. Dès le début des années 1980, le Mexique se déclare insolvable, suivi d'autres pays. Mais la plupart des pays en développement reste dans le rang, ou le rejoigne peu après. Ils croient avoir trop besoin des investissements étrangers pour leur développement.

Depuis quelques mois d'importants pays latino-américain ont coupé leurs liens avec le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale. Le Vénézuela est sorti tout récemment avec fracas. Les discussions en cours pour créer une Banque du Sud viennent du simple constat que les pays émergents du Sud ont seuls suffisament de capitaux pour constituer leurs propres institutions financières, et proposer une politique de prêts au service du développement qui n'obéisse pas à la même logique que celle des IFI historiques.

Il faut donc suivre cette initiative avec attention, car elle pourrait réellement être porteuse d'espoir, et annoncer un monde plus multi-polaire, donc plus équilibré.







Par Pierre W. Johnson
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Jeudi 17 mai 2007
Mon ami Marcos Arruda, directeur d'une ONG brésilienne basée à Rio, oeuvrant pour une socio-économie solidaire depuis plusieurs dizaines d'années, vient de publier un article sur le Brésil et la Banque du Sud. Comme cette article est en espagnol, je traduis ici les passages les plus marquants :

Selon Marcos Arruda, le gouvernement Lula mène une politique qui ne deplaît pas aux puissances économiques et financières du pays, puisque sa politique assistancialiste ne met pas en cause leur hégémonie. La politique extérieure est moins conservatrice, mais est le résultat de tensions entre deux courants : l'un plus pro-multinationales et favorable à la souveraineté du pays dans les espaces de négociations multilatérales comme l'OMC, et l'autre davantage coopérative et solidaire, dans la perspective d'une intégration non seulement économique mais aussi populaire de l'Amérique du Sud et du continent dans son ensemble.

C'est dans ce contexte que s'exprime la position du gouvernement brésilien face à la Banque du Sud. Il faut rappeler que celle-ci est une initiative du Vénézuela, dont le rôle pro-actif au niveau continental a surpris plus d'un gouvernement : après avoir intégré le Mercosur, lancé l'initiative Alternative Bolivienne des Amériques et participé aux négociations sur la Communauté Sud-Américaine des Nations, le Vénézuela a obtenu le consensus des 12 pays d'Amérique du Sud pour le lancement de l'Union des Nations Sud-Américaines.

La Banque du Sud est l'initiative la plus récente du Vénézuela. Le Brésil ne s'y est rallié pleinement que lorsque celle-ci eut obtenu l'adhésion d'autres pays d'Amérique du Sud. En effet, les élites politiques et économiques de Sao Paulo, le principal pôle économique et industriel du sous-continent, sont traditionnellement méfiantes envers toute initiative qui pourrait mettre en jeu leur position hégémonique. Mais la réaction du Brésil doit plus à l'obligation de prendre une part pro-active à l'initiative vénézuelienne plutôt qu'à une vision inspirée de l'intégration latino-américaine.


Par Pierre W. Johnson
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Mercredi 6 juin 2007

On October 17_20, an unprecedented event will take place, where socially responsible investors (SRIs) will meet with socially responsible Small and Medium Enterprises (SMEs) to discuss new initiatives such as Fair Trade, solidarity-based Supply chains, ethical investments, and microfinance, which are driven by the triple bottom line of sustainability, social responsibility, and environmental resilience.

(JPG) Asia is one of the regions of the world where new economic practices have flourished. There is a growing interest in them especially among those who are looking for an alternative to the current global economic system which has deepened the wedge between the haves and the have-nots, and further alienated those who are already marginalized.


Go to the Web page of the Asian Forum for Solidarity Economy
Par Pierre W. Johnson
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Mardi 19 juin 2007
Finansol lance du 4 au 24 juin 2007, le premier «Prix des internautes pour les finances solidaires».
Pendant trois semaines, les internautes pourront découvrir l’utilité de l’épargne solidaire en votant ici pour le projet ayant reçu un financement solidaire qu’ils préfèrent. 

Ce premier prix interactif permet aux internautes de découvrir la diversité des projets soutenus par l’épargne solidaire et de valoriser l’utilité de ces placements financiers. L’intérêt des Français pour ce type d’investissements est grandissant puisque 29% d’entre eux se disent prêt à épargner solidaire. Cependant pour passer à l’acte, ils ont besoin de transparence dans la gestion des fonds, et de traçabilité vers les projets financés. C’est pour répondre à cette nécessité que Finansol a souhaité mettre en avant à travers ce Prix, les projets emblématiques financés grâce aux finances solidaires. 

Ces projets ont été présélectionnés par un jury d’experts et sont répartis en quatre catégories, témoignant de la large variété des initiatives du secteur et de leur impact sur l’économie locale : 
- « Les finances solidaires pour mieux consommer » : commerces, produits et services pour les particuliers tels que des boutiques équitables, des épiceries biologiques. Les lauréats sont : Veja Fair Trade, Bébés en Vadrouille, Puerto Cacao. 
- « Les finances solidaires pour les professionnels » : entreprises fournissant des services aux professionnels tels que du nettoyage, des coursiers. Les lauréats sont : La Petite Reine, Self Interim, Pro Insert. 
- « Les finances solidaires pour votre bien-être » qui présente des entreprises ou associations offrant des loisirs, des soins, des activités culturelles pour les particuliers, tels que des écoles de musique, des compagnies de théâtre ou des cafés-citoyens. Les lauréats sont : Le Bouquin Affamé, l’école Atla, Vélo Electro. 
- « Coup de cœur ». Il s’agit d’associations ou de projets humanitaires, de logements sociaux ou de solidarité dans les pays en voie de développement. Les lauréats sont : la Résidence Saint Joseph à Versailles, Solidarités Nouvelles face au Chômage, SIPEM et une entreprise de séchage de mangues au sein de l’AFAD. 

Les 4 projets obtenant le plus de voix dans chaque catégorie, gagneront l’ouverture d’un placement solidaire labellisé Finansol de leur choix, doté d’une somme de 500€. Une opportunité pour ces porteurs de projets de devenir à leur tour des épargnants solidaires. 

Un internaute sera tiré au sort et remportera un « panier éthique » composé de produits et services de structures référencées dans le « Guide des initiatives soutenues par l’épargne solidaire ». Cet outil électronique permet de voir concrètement des exemples de projets franciliens qui ont vu le jour ou se sont développés grâce aux finances solidaires. Les lauréats du Prix sont extraits de ce Guide :
http://www.finansol.org/cartedesinitiatives/. 

Grâce à l’épargne solidaire, chacun peut donner un sens à son argent en soutenant des projets économiques qui trouvent difficilement un soutien auprès des circuits financiers classiques. Depuis leur émergence, les finances solidaires ont soutenu plus de 60 000 initiatives créatrices de 109 000 emplois pour des personnes en difficulté et ont aidé au logement d’environ 7 000 familles. A l’étranger, ce sont plus de 4 000 000 de microcrédits qui ont été accordés. 

Par Pierre W. Johnson
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Mardi 26 juin 2007
Vendredi 22 juin 2007, Jean-Louis Laville, directeur du CRIDA et chercheur au CNRS spécialiste de l'économie solidaire a donné une conférence très intéressante sur L'actualité de l'’économie sociale et solidaire :  perspectives historiques et internationales dans le cadre des journées d'étude et de mobilisation de l'économie sociale et solidaire, organisées par l'association Ecossolies à Nantes.

Voici un résumé de son intervention, aussi justement que peuvent le retranscrire mes notes.

JL Lavile a identifié quatre périodes de l’histoire de l’ESS et de ses liens avec l’économie capitaliste.

1.  Associationisme solidaire et lutte contre le paupérisme
Remontant aux origines véritables de l’ESS au 19e siècle, JL Laville a rappelé la définition de la solidarité selon Pierre Leroux (soit le lien entre citoyens libres et égaux), qui se démarque de la charité.  Dans cette première moitié du 19e siècle, l’associationisme solidaire visait, pour les artisans, autant à défendre une manière de vivre ensemble, que des intérêts économiques communs, par une « économie morale » qui incluait des rituels de convivialité.
S’y est opposé une réaction libérale, avec un projet philanthropique de lutte contre le paupérisme.
Ceci permet de distinguer la lutte contre la pauvreté de la lutte contre les inégalités.
Voir « Les métamorphoses de la question sociale » de Robert Castel.

2.  Institutionnalisation de l’économie sociale
Ce mouvement a lieu dans la deuxième moitié du 19e siècle.  Il est marqué par la fragmentation de l’économie morale de la période précédente, à travers des statuts différents : mutuelles, coopératives, associations.

3.  L’Etat social
Au vingtième siècle en Occident, le rôle dévolu à l’Etat social est de compenser les inégalités générées par le marché, ou de « rembourser la dette social ».  Le lien social créé est vertical, à travers la redistribution.  Ce projet est dépendant du taux de croissance de l’économie dans son ensemble.

Ces trois temps se retrouvent à des moments différentes dans les contextes continentaux européen, américain(s) et africain.

4.  La réemergence de l’ESS


a) Crise des valeurs et première vague de l’ESS.
Cette crise se traduit par l'effritement des liens marché – Etat.
En 1968 et dans les années 70, le mouvement des ouvriers spécialisés (OS) critique l’absence de participation des salariés dans les entreprises.
Parallèlement, d’autre mouvements critiquent la société de consommation.
C’est l’époque de la « politisation de la vie quotidienne ».
Les limites du providentialisme se font sentir.  Dans les services sociaux, les citoyens se sentent assujettis et non parties prenantes. 
➢    La première vague de l’ESS : autogestion et alternatives

b)  Crise économique et deuxième vague de l’ESS
Période caractérisée par le chômage de masse.
La réaction en termes d’ESS prend la forme de reprise d’entreprises en coopératives, et d’initiatives d’insertion par l’économie.

c)  La situation actuelle
C'est une situation intermédiaire entre a) et b)
L’échelle des initiatives est plus petite que celle de l’Etat.  Le niveau local est investi, on recherche la cohésion des territoires.
Il y a également des initiatives au-delà du national, comme en témoigne le commerce équitable, et des recherches d’autres régulations.
L’ESS ne se positionne pas contre l’économie de marché, mais en critique de la société de marché et de l’économie de marché dérégulée.
Il y a parallèlement renaissance d’un projet philanthropique.  Celui-ci récupère notamment le discours des multi-parties prenantes (mis en pratique par les nouvelles coopératives).  Le commerce équitable à son tour est réinternalisé par les entreprises pour l’intégrer à l’économie de marché.

En conclusion, l’ESS est pleinement économique et pleinement politique.
Elle doit se situer dans sa contribution au développement durable. Elle doit travailler la question des alliances, en établissant notamment des liens sur les territoires avec les PME et les PMI, à travers par exemple de la notion italienne de districts industriels locaux (ou systèmes productifs locaux).  Il lui est possible de partager des outils de collaboration ou de communication.  Il y a cependant un flottement identitaire de l’économie sociale, qui parfois utilise les mêmes outils marketing que l’économie de marché, alors qu’il lui faudrait au contraire travailler ses singularités.  Par exemple, elle devrait référer la dynamique multi-parties prenantes aux formes juridiques qui lui sont indexées.  En Amérique latine, l’émergence de l’ESS est liée à l’avènement démocratique sur le continent.

Par Pierre W. Johnson
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Mardi 26 juin 2007
En ouverture des journées d'étude et de mobilisation sur l'économie sociale et solidaire des 21 et 22 juin 2007 à Nantes, la conférence de Laurent Davezies, un économiste classique, sur « Conditions de vie des habitants et développement équilibré du territoire », a démontré que des conclusions nouvelles pouvaient être tirées de l’analyse du développement des territoires avec les outils traditionnels de l’économie.

Une simple analyse économique montre en effet, selon L. Davezies, que « les  territoires de croissance ne sont plus les territoires de développement ».  En effet, les territoires les plus productifs et les mieux insérés dans la mondialisation ne sont pas ceux qui résolvent le mieux les problèmes sociaux, comme l’accès à l’emploi, au contraire. 

L’Île de France par exemple est une des régions les productives du pays (29% du PIB), mais aussi une de celle qui a le plus de problèmes sociaux.  A contrario, les territoires résidentiels, comme la Côte d’Azur, connaissent beaucoup moins de problèmes sociaux, en attirant des personnes aisées du monde entier, sans pour autant être productifs.  Mais les stratégies résidentielles sont à court terme, car elles reposent sur la dilapidation du capital foncier de la région.

Les territoires qui tirent le mieux leur épingle du jeu, du point de vue d’un développement économique et social et équilibré, sont des territoires « moyens » (mais non pas médiocres, s’est empressé d’ajouter le conférencier), comme Nantes, ou même Saint-Nazaire, ancienne ville industrielle que les « experts internationaux » avaient condamnée il y a une quinzaine d’années.  Ce sont des villes où 20% de la population travaille sur place (beaucoup de cadres établis sur Nantes travaillent cependant sur Paris), dont les revenus sont dans la moyenne nationale, et dont l’économie ne s’est pas spécialisée uniquement dans un secteur : production, technologie, tourisme, mais est au contraire diversifiée.  Cela en fait des territoires attractifs.

L’économiste a noté qu’il faut distinguer dans l’économie des territoires, un secteur industrialisé mondialisé, à haute technologie et compétitif sur les marchés internationaux, d’un secteur domestique, qui s’installe là où sont les consommateurs.  Le premier est facilement délocalisable, mondialisé, et emploie une main d’œuvre réduite et hautement formée, le deuxième n’est pas délocalisable, et est créateur de beaucoup d’emplois, pas nécessairement très qualifiés.  Il s’agit de services comme : la boulangerie, l’épicerie, la construction, etc.  Cela lui permet de souligner que les ouvriers sont aujourd’hui davantage dans les services (comme chauffeurs, livreurs, plombiers, etc.) que dans des grandes unités.

En conclusion, l’équilibre que savent maintenir certains territoires entre ces types de secteurs et d’activités est une vertu.  La discussion a porté sur les dispositifs territoriaux qui peuvent aider à l’atteindre ou le maintenir.
Par Pierre W. Johnson
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