Le Sommet mondial sur la sécurité alimentaire s'achève dans l'indifférence des médias

Publié le par Pierre W. Johnson

Du 16 au 18 novembre a eu lieu un Sommet mondial sur la sécurité alimentaire à Rome, siège de la FAO, organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation. Sur un sujet aussi important, aucun des chefs d'Etat des pays les plus puissants de la planète n'étaient présents. Plus scandaleux encore : nos médias n'ont pratiquement pas consacré d'article à ce sommet, alors qu'un quotidien de référence titrait dans les mêmes jours sur les problèmes de l'obésité dans les pays riches. Un vrai oubli des priorités. Cette désertion politique et médiatique explique que des dirigeants aussi douteux que Kadhafi et Mugabe aient pu occuper le devant de la scène quelques heures.

Pour la majoirté d'entre nous qui n'ont pas pu lire d'informations sur ce sommet dans leurs journaux, voici un petit résumé des constats et des engagements pris malgré tout par la communauté internationale (60 chefs d'Etat et 191 ministres étaient présents) :

Pourtant, plus d'un milliard d'humains ne mangent pas à leur faim, la majorité étant des agriculteurs. Face à ce constat, les pays représentés se sont engagés, à noveau dira-t-on, à redoubler d'effort pour atteindre l'objectif du millénaire pour le développement stipulant la réduction de moitié du nombre de victimes de la faim. Le président de l'organisation internationale, l'ex-président sénégalais Abdou Diouf, regrette pourtant que la déclaration adoptée "ne contienne ni objectifs quantifiés ni échéances précises qui auraient permis de mieux suivre leur concrétisation".

Il s'agit surtout de passer des paroles aux actes. Pour cela, une profonde réforme du Comité de la sécurité alimentaire mondial est prévue. Celui-ci deviendrait un élément central du Partenariat mondial pour l'agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition.

Au cours des dernières années, les financements internationaux pour l'agriculture ont diminué. Les priorités de l'aide au développement (elle-même en diminution relative) étaient ces dernières années l'urbanisation et la luttre contre le SIDA. Pourtant la faim reste un problème critique. Les gouvernements se sont engagés à inverser cette tendance à la diminution.

Les participants ont également adoptés "cinq principes de Rome" explicitant comment seraient réalisés ces objectifs. La question du changement climatique a également été évoquée, afin d'anticiper sur ses effets, et d'inciter à l'adoption de mesures d'atténuation mettant l'accent sur les petits producteurs agricoles et les populations vulnérables.

Il faut remarquer cependant un vrai recul : le concept de souveraineté alimentaire n'a pas été officiellement évoqué, celui-ci mettant l'action sur le droit et la responsabilité des pays à produire et contrôler leur propre alimentation. Ce principe a été défendu par Via Campesina, en amont du Sommet, et sans doute également au Forum de la Société Civile, du 14 au 16 novembre. Il a de réelles applications pratiques, puisqu'il vise à la mise en place de système agricoles et alimentaires durables, plutôt que sur le seul aspect de la disponibilité des aliments.

Site officiel du Sommet Mondial sur la Sécurité Alimentaire

Détail des engagements (espace presse de la FAO)


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