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Modes de vie durables - Sustainable Livelihoods

Mercredi 1 février 2006

Le changement est-il hors de nous ?

"Sois toi-même le changement que tu veux voir dans le monde" disait Gandhi. Cela montre bien qu'il ne faut pas considérer que le changement à réaliser est extérieur à soi. Le concept de "modes de vie durables et solidaires"  illustre bien cet enjeu  de façon pratique.


Nous savons bien que nos modes de vie ont un énorme impact sur la planètes et sur les relations entre êtres humains. Pour prendre un exemple : l'automobile contribue grandement à l'émission de gaz à effet de serre et à la pollution de nos villes, donc aux taux de cancers et d'affection respiratoires, mais qui est prêt à s'en passer ? La circulation automobile illustre également un autre paradoxe, souligné par Ivan Ilich : au-delà d'un certain seuil, elle ralentit les communications au lieu de les faciliter. Ce dernier point illustre les contradictions des modes de vie individualistes (non solidaires) et de la consommation de masse.


Durabilité : l'impératif est d'abord écologique. La mesure de l'empreinte écologique montre que l’humanité consomme et émet largement plus de déchets que ce que la planète ne peut supporter, et cet effet est d'autant plus grand dans les pays les plus riches. Nous consommons globalement déjà davantage de ressources naturelles que la planète ne peut en régénérer.

Solidarité : les modes de vie ne sauraient être durables s'ils ne sont pas solidaires. Il s'agit de tout évidence d'appliquer à l'humanité elle-même le principe de solidarité que l'on applique à l'environnement dans le cadre de la recherche de durabilité.

L'approche des modes de vie durables et solidaires commence à partir des questions de la vie quotidienne, qui reprennent ainsi leurs dimensions politique et collective. Dans les pays riches, la simplicité volontaire au niveau individuel, et une forme de décroissance au niveau collective, peuvent être des solutions à mettre en oeuvre. Dans les pays plus pauvres, il est nécessaire de partir de la lutte quotidienne des populations pour leur survie.

Par Pierre W.Johnson
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Samedi 1 avril 2006
Syriana est un film réaliste et lucide sur les conséquences de la dépendance américaine au pétrole (et réciproquement) pour le Moyen-Orient. Il n'y avait rien à changé au constat fait dans les années 70 dans l'ouvrage qui a inspiré le film.

Le scénariste mêle plusieurs trames, centrées sur un personnage de l'intrigue : un agent de la CIA (George Clooney, qui a pris quelques kilos pour l'occasion), un spécialiste des matières premières, autour du rachat d'une entreprise pétrolière par une autre, et de la succession de l'émir.

Ce scénario parfois complexe permet cependant de donner une dimension humaine à l'intrigue, et évite d'en faire un simple "film à thèse" (ce qu'il est cependant un peu, il faut l'avouer).

Bref, allez voir Syriana, cela vaut le coup.
Par Pierre W. Johnson
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Mardi 18 juillet 2006
Rencontre Mondiale des Communautés Nourricières - Turin, 26-30 octobre 2006


Terra Madre
est un réseau de communautés de la nourriture engagées, chacune dans son contexte géographique et culturel, à sauvegarder la qualité des productions agro-alimentaires locales. Les communautés partagent les problèmes engendrés par une agriculture intensive préjudiciable des ressources naturelles et une industrie alimentaire de masse visant à l'homologation des goûts et mettant en danger l'existence même des petites productions. Terra Madre est une réponse concrète donnée par des paysans et des producteurs du monde entier.

Au sein du réseau de Terra Madre, les communautés confrontent leurs difficultés réciproques, échangent des expériences et s'adressent à leurs gouvernants en une seule et même voix (soit la Lettre des communautés aux gouvernants). Après la première rencontre enthousiasmante d'octobre 2004, à laquelle ont participé 5000 délégués de 130 pays différents, les communautés de la nourriture se retrouveront encore à Turin du 26 au 30 octobre 2006 pour faire le point sur les initiatives développées et penser à de nouvelles propositions pour l'avenir. Elles présenteront les projets entrepris et consolideront les collaborations instituées au niveau local et international.

L'édition 2006 se propose aussi de favoriser les rapports entre les communautés de la nourriture et la restauration de qualité en invitant à la manifestation plus de mille cuisinières et cuisiniers. Le monde de la nourriture bonne, juste et propre a son fondement dans les communautés mais ce sont les chefs du monde entier qui constituent le lien fondamental entre la production et la consommation de produits locaux de qualité.

La rencontre de Terra Madre 2006 fera participer plusieurs universités qui travaillent dans le secteur de l'agro-alimentaire durable. La voix de la communauté académique pourra donc enrichir le débat des producteurs grâce aux idées proposées par la recherche scientifique.

Les communautés de la nourriture, les cuisiniers et les universités deviendront ainsi les trois pôles fondamentaux d'un réseau mondial qui souhaite protéger la qualité de la nourriture, les ressources de la planète et la dignité des petits producteurs artisans.

Vers Terra Madre

D'où vient l'idée de Terra Madre?

Tout a démarré en 1996, au cours d'un dîner dans l'un des meilleurs restaurants du Piémont. L'un des plats de résistance est le poivron farci : son secret repose sur la douceur et le consistance pulpeuse du légume. Mais, ce soir-là, le poivron n'était pas vraiment succulent. Le chef a expliqué que les maraîchers du coin avaient remplacé la variété traditionnelle de poivron par la culture de bulbes hollandais de tulipes. Et que, ironie du sort, les poivrons hollandais arrivaient en Italie.

À partir de cette information, se dessine une nouvelle conscience : la gastronomie doit voir au-delà de la table, elle doit devenir de l'éco-gastronomie.

C'est ainsi que l'Arche du Goût, catalogue de produits d'excellence en danger d'extinction, lève l'ancre et qu'en 1999, naissent les Sentinelles, projets pour soutenir les petits producteurs. Le Salon du Goût de l'an 2000 présente quatre-vingt-dix Sentinelles italiennes, l'édition de 2002 voit arriver les premiers projets internationaux et, en 2003, pour soutenir les activités du Sud du monde, naît la Fondation Slow Food pour la Biodiversité.


Autour de ces projets vont mûrir des thèmes et des stratégies, comme la bataille pour une agriculture sans OGM, la défense du lait cru, la sauvegarde des races autochtones, la protection de l'origine. Des thèmes qui ne concernent pas que les produits de l'Arche ou les 300 Sentinelles mais touchent tous ceux qui représentent, dans le monde, une nouvelle idée de l'agriculture: bonne, juste et propre. D'où le concept de communautés de la nourriture qui nous fait arriver, en 2004, au plus grand événement culturel jamais organisé par Slow Food : Terra Madre, qui rassemble 5000 personnes provenant du monde entier. L'échange d'informations, d'idées et de solutions s'avère l'instrument le plus efficace pour défendre le travail des communautés et la biodiversité agro-alimentaire.

Pour donner une suite et un poids politique à cette initiative, Slow Food s'est posé comme défi principal de consolider un réseau mondial de communautés de la nourriture.


Par Pierre W. Johnson
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Mardi 6 février 2007
Les scientifiques le savaient depuis quelques années, ils en ont maintenant la certitude :
Le climat connait un changement sans précédent, et la principale cause en est les activités humaines.

Le rapport du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, rendu public le 2 février, a motivé certains gouvernements et des entreprises à réagir. Les 500 scientifiques de ce groupe, le GIEC, se sont réunis à Paris pour leur dixième session, sous l’égide des Nations Unies, avec  les experts mandatés par les gouvernements d’environ 120 pays et rendu publiques les conclusions de leurs travaux à l’issue de plusieurs jours de discussions.

A partir de modèles informatiques et travaillant sur plusieurs scénarios, les climatologues ont calculé que la hausse des températures devrait se situer vers 2100 dans une fourchette comprise entre 2° et 4,5°, avec une moyenne de 3°, supérieure donc aux 2° à ne pas dépasser pour éviter que la machine climatique s’emballe.

Le réchauffement est pour l’essentiel dû à l’accroissement des émissions des gaz à effet de serre, principalement du dioxyde de carbone. De nombreux signes indiquent des principalement humaines à ce changement.

Accroissement des vagues de chaleur, augmentation des fortes précipitations seront quelques-unes des conséquences probables de ce réchauffement, avec d’importantes répercussions sur la faune, la flore et les conditions de vie de millions d’individus. Selon une étude des Nations unies, "50 millions de personnes pourraient devenir des "réfugiés climatiques" d’ici à 2020".

Le président Jacques Chirac a réuni la semaine dernière à Paris une conférence sur la gouvernance écologique. La création d'une Organisation des Nations Unies pour l'Environnement (ONUE) a suscité beaucoup d'espoir. Cette institution, si elle était créée, suffira-t-elle à inverser la tendance ? Rien n'est moins sûr, si elle est juste "une institution de plus". Ce qu'il nous faut, c'est une nouvelle façon de penser le rapport de nos sociétés à l'économie, au pouvoir et à la responsabilité. Nos gouvernants en sont-ils conscients ?

 
Par Pierre W. Johnson
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Vendredi 1 juin 2007
L'humour est parfois une arme plus efficace qu'un rayon laser.
Dans cet ordre d'idée, ne manquez surtout pas Store Wars, la révolte biologique !
Ou comment des produits biologiques se révoltent contre une armée de zombies bourrés aux agro-chimiques.
Un film d'animation hilarant, inspiré de la Guerre des Etoiles.

C'est ici.

Par Pierre W. Johnson
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Dimanche 1 juillet 2007
Voici une nouvelle surprenante, et pour une fois bonne :

Le Ministre de l'Energie d'Equateur a annoncé la décision de ne pas exploiter les nouveaux gisements pétroliers découverts dans le région de Yasuni en Amazonie, ceci afin de préserver la biodiversité de la forêt.  L'exploitation de ressources pétrolières en pleine forêt a été une catastrophe écologique au cours des années passées. 

Cette décision, bien sûr, est possible, simplement si les pays du Nord valorisent à sa juste valeur cet effort pour limiter le changement climatique et préserver les écosystèmes.  Ceci pourrait se faire en compensant, par exemple, l'Equateur pour 50% des revenus qu'auraient représenté pour elle l'exploitation pétrolière.

Le premier contact du Ministre de l'Energie, Alberto Acosta, avec le gouvernement norvégien, a été positif en ce sens.


yasuni1.jpg

Par Pierre W. Johnson
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Dimanche 1 juillet 2007

Après Lyon, la capitale a lancé un nouveau système de vélos en libre service, toujours en partenariat avec l'afficheur Jean-Claude Decaux.  Ce dispositif démarrera avec un peu plus de 10 600 cycles, attachés à autant de bornettes réparties dans 750 statiions. D'ici la fin de l'année,  Paris devrait compter 20 600 deux-roues pour 1 451 points de dépôt.  Les aires de stationnement sont empruntées aux zones de livraison, aux places de parking et, quand ils sont suffisamment larges, aux trottoirs.

On pourra par exemple utiliser un velib' le matin et le soir pour aller de chez soi au métro, le soir pour en complément ou en remplacement du taxi.

Alors, révolutionnaire le projet Vélib, comme l'annonce le Figaro, dont sont extraites ces informations (vérifiées dans les rues de Paris, ou la construction de bornes, qui seront inaugurées le 15 juillet, avance à grand pas) ? Pas si sûr.

Depuis des années, l'association Vélorution organise en France et dans toute l'Europe des randonnées en ville et en vélo pour dénoncer le caractère dangereux et malsain de l'usage de l'automobile en ville.  Notons au passage que Paris est la seule des villes européennes où la police se soit opposé à la présence de cyclistes nudistes, exprimant la fragilité du corps humain en ville... Ce qui n'a pas empêché plusieurs dizaines d'entre eux de manifester.

Pour Vélorution, le projet de JCDecaux n’est pas vélorutionnaire mais complètement publicitaire. "Vélorution défend un développement massif des moyens de transports non polluants et ceci dans une démarche globale de réduction de toutes les pollutions et nuisances liées aux autres modes de transports : gaz à effet de serre, pollution visuelle, appropriation de l’espace public, perte de convivialité, violence routière, etc."

"Les vélos JCDecaux ne sont pas gratuits : ils sont facturés sous forme de manque a gagner sur la recette publicitaire pour la ville. Cet argent aurait pu être utilisé pour offrir un vrai service public de vélos en libre-service. (...)

Le projet Vélo-18 (projet de vélo en libre-service du 18è arrondissement) démontre qu’il est possible d’offrir des vélos en libre-service au même coût que JCDecaux mais sans couplage avec un marché de publicité et dans une authentique démarche d’économie sociale et solidaire à l’échelle de la capitale."

On peut en effet être choqué par les termes de l'appel d'offre de la mairie de Paris, qui associait la construction d'un système de mise à disposition de vélos et la mise en place de panneaux d'affichage publicitaires. Du sur mesure pour JC Décaux et ses concurrents !

Par Pierre W. Johnson
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Vendredi 6 juillet 2007
Voyager pour connaitre d'autres peuples, voire dans un but humanitaire, c'est bien.  Mais nous savons que l'avion est le mode de transport le plus polluant (sur une distance de 300 à 400 kilomètres, il émet 50 à 60 fois plus de CO2 que le TGV, 1,5 fois et demi plus qu'une voiture ordinaire).  Les gaz à effet de serre émis par le kérosène contribuent au réchauffement climatique de la planète.

A défaut de trouver des modes de transports moins destructeurs, les voyageurs qui le souhaitent peuvent depuis quelques années participer aux programmes de compensation volontaire du CO2 (gaz carbonique) proposés par des associations.  Ces programmes permettent de calculer en ligne les émissions de CO2 générées par nos déplacements en avion et de choisir un reversement volontaire d'une somme permettant de financer des projets de développement économes en CO2 dans les pays du Sud.

L'association Tourisme et Développement Solidaire a recensé trois initiatives en France :

  •  CO2 solidaire association pionnière sur ces questions, créée par le GERES, ONG de développement,
  •  Climat mundi, créée par des militants de l’environnement
  •  Action carbone, présidée par Yann Arthus-Bertrand
L'ADEME effectue une étude pour comprendre la grande diversité de projets de ce type, en France et à l'étranger.

La remarque générale que l’on peut faire sur de tels projets est double :

  • Est-il possible de compenser réellement la contribution de chacun à l’émission de CO2 et donc au réchauffement climatique ? Non, si l’on prend en compte le fait que toute atteinte à cet ensemble complexe d’écosystèmes qu’est la Terre (et que certains appellent Gaïa) a des effets non réversibles sur ses équilibres fragiles. Le réchauffement climatique va bouleverser la répartition des espèces, ainsi que les données sanitaires et démographiques de l’espèce humaine. La seule chose sur laquelle nous puissions encore avoir une influence, c’est l’échelle à laquelle ceci va se passer, selon le ralentissement ou non que nous parvenons à générer dans les pollutions que nos modes de production et de consommation génèrent.

  • Les déplacements en avions sont sans doute la partie la plus emblématiques de ces modes de production et de consommation, mais aussi sur lesquels nous pourrions le plus facilement avoir un impact : l’accroissement prévu des voyages aériens pour le tourisme dans les prochaines années est phénoménal. Pourtant, ceux-ci ne sont pas réellement nécessaires, au sens vital du terme. Nous pourrions tout aussi bien passer nos vacances plus prêts de chez nous, visiter des contrées ou des provinces proches, et donc choisir des modes de déplacement moins polluants.

Il ne serait alors pas la peine de faire appel à des programmes que certains qualifient déjà de nouveaux marchés d’indulgences (au Moyen-Âge, l’Église catholique vendait des bons, ou indulgences, aux croyants, pour qu’ils passent moins de temps au Purgatoire).
Par Pierre W. Johnson
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Dimanche 8 juillet 2007

greeters-nantes.jpg Le concept de Greeters nous vient, une fois n'est pas coutume, d'outre-Manche et d'outre-Atlantique.
Il s'agit tout simplement d'organiser, de ré-inventer l'hospitalité, dans nos villes modernes, souvent un peu anonymes pour les visiters.

Un greeter, est un habitant d'une ville, membre d'un réseau ou d'une association, qui accepte de passer environ deux heures avec un ou une visiteur pour lui faire découvrir un aspect de la ville qui l'intéresse. Une règle de base est le bénévolat et la gratuité du service. L'hospitalité est réelle. Ensuite, la rencontre du visiteur et du greeter se prépare à distance, grâce à un petit questionnaire, qui permet au greeter de savoir quel aspect de la ville le visiteur souhaite connaître. Ce peut être l'art, les cafés, une balade en vélo, les quartiers historiques, etc. ou tout autre aspect que le greeter essaiera de mettre en valeur.

Sympathique, non ?

Site des Greeters de Nantes


A Paris, l'association Ca se visite, propose de même des balades urbaines. Mais, contrairement aux greeters, elle demande une adhésion et une contribution modeste aux visites.

Si vous allez à New York, n'oubliez pas les Big Apple Greeters

Par Pierre W. Johnson
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Mercredi 22 août 2007
Que deviennent les zapatistes au Mexique ?

Ce mouvement indigène, entré publiquement en insurrection le 1er janvier 1994, puis en résistance pacifique, a su renouveler ses modes d'action de façon souvent surprenante.  Après avoir organisé les premières "rencontres intergalactiques", préfiguration des forums sociaux mondiaux, une série de "marches" en 1997 et 2001 a permis de sortir le mouvement de son isolement.

Mais depuis les dernières élections présidentielles au Mexique, qui ont opposé de façon très polarisée le candidat de la droite dur et un candidat de gauche populiste, les zapatistes semblaient une nouvelle fois un peu en marge du débat politique.

Relayé en France par le Courrier International, le quotidien La Jornada témoigne que, jour après jour, les zapatistes résistent, et inventent de nouvelles formes d'action. Un des principaux axes de leur lutte est depuis le début la résistance à l'appropriation des ressources naturelles par les grandes entreprises.  Les premières lettres du Sous-Commandant Marcos évoquaient déjà la main-mise sur l'eau et l'énergie : alors que la plupart des villages du Chiapas n'avaient pas l'électricité, cet état était le principal pourvoyeur d'énergie hydroélectrique du pays.

On ne s'étonnera donc pas que les zapatistes aient créé récemment dans les environs de San Cristobal de las Casas la première réserve écologique indienne et autonome du pays.  Cette banlieue est menacée, selon la Jornada, par "la croissance urbaine de la ville, la dégradation de l'environnement et le pillage des multinationales".  Ce n'est certes pas un hasard si elle a été établie juste devant une usine de l'entreprise Coca Cola, qui pompe des millions de litres d'eau du mont Huitepec, et déverse ses eaux usées dans la nature.  Les ressources en eau sont aussi menacées par les quartiers riches qui bordent la "réserve", et qui utilisent beaucoup plus que leur part des précieuses réserves du liquide.

A l'heure où de plus en plus de paysans sont devenus "écologistes", cette nouvelle action illustre le fait qu'un mouvement social de plus de 13 ans d'existence peut rester pertinent en répondant au mieux aux besoins de sa base, et en trouvant les formes d'action les plus efficaces, par leurs impacts tant symboliques que réels.

Par Pierre W. Johnson
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