Le changement est-il hors de nous ?
"Sois toi-même le changement que tu veux voir dans le monde" disait Gandhi. Cela montre bien qu'il ne faut pas considérer que le changement à réaliser est extérieur à soi. Le concept de "modes de vie durables et solidaires" illustre bien cet enjeu de façon pratique.
Nous savons bien que nos modes de vie ont un énorme impact sur la planètes et sur les relations entre êtres humains. Pour prendre un exemple : l'automobile contribue grandement à l'émission de gaz à effet de serre et à la pollution de nos villes, donc aux taux de cancers et d'affection respiratoires, mais qui est prêt à s'en passer ? La circulation automobile illustre également un autre paradoxe, souligné par Ivan Ilich : au-delà d'un certain seuil, elle ralentit les communications au lieu de les faciliter. Ce dernier point illustre les contradictions des modes de vie individualistes (non solidaires) et de la consommation de masse.
Durabilité : l'impératif est d'abord écologique. La mesure de l'empreinte écologique montre que l’humanité consomme et émet largement plus de déchets que ce que la planète ne peut supporter, et cet effet est d'autant plus grand dans les pays les plus riches. Nous consommons globalement déjà davantage de ressources naturelles que la planète ne peut en régénérer.
Solidarité : les modes de vie ne sauraient être durables s'ils ne sont pas solidaires. Il s'agit de tout évidence d'appliquer à l'humanité elle-même le principe de solidarité que l'on applique à l'environnement dans le cadre de la recherche de durabilité.
L'approche des modes de vie durables et solidaires commence à partir des questions de la vie quotidienne, qui reprennent ainsi leurs dimensions politique et collective. Dans les pays riches, la simplicité volontaire au niveau individuel, et une forme de décroissance au niveau collective, peuvent être des solutions à mettre en oeuvre. Dans les pays plus pauvres, il est nécessaire de partir de la lutte quotidienne des populations pour leur survie.
Par Pierre W.Johnson
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Après Lyon, la capitale a lancé un nouveau système de vélos en libre service, toujours en partenariat avec l'afficheur Jean-Claude Decaux. Ce dispositif démarrera avec un peu
plus de 10 600 cycles, attachés à autant de bornettes réparties dans 750 statiions. D'ici la fin de l'année, Paris devrait compter 20 600 deux-roues pour 1 451 points de
dépôt. Les aires de stationnement sont empruntées aux zones de livraison, aux places de parking et, quand ils sont suffisamment larges, aux trottoirs.
On pourra par exemple utiliser un velib' le matin et le soir pour aller de chez soi au métro, le soir pour en complément ou en remplacement du taxi.
Alors, révolutionnaire le projet Vélib, comme l'annonce le Figaro, dont sont extraites ces informations (vérifiées dans les rues de Paris, ou la construction de bornes, qui seront inaugurées le
15 juillet, avance à grand pas) ? Pas si sûr.
Depuis des années, l'association Vélorution organise en France et dans toute l'Europe des randonnées en ville et en vélo pour dénoncer
le caractère dangereux et malsain de l'usage de l'automobile en ville. Notons au passage que Paris est la seule des villes européennes où la police se soit opposé à la présence de cyclistes
nudistes, exprimant la fragilité du corps humain en ville... Ce qui n'a pas empêché plusieurs dizaines d'entre eux de manifester.
Pour Vélorution, le projet de JCDecaux n’est pas vélorutionnaire mais complètement publicitaire. "Vélorution défend un développement massif des moyens de transports non polluants
et ceci dans une démarche globale de réduction de toutes les pollutions et nuisances liées aux autres modes de transports : gaz à effet de serre, pollution visuelle, appropriation de
l’espace public, perte de convivialité, violence routière, etc."
"Les vélos JCDecaux ne sont pas gratuits : ils sont facturés sous forme de manque a gagner sur la recette publicitaire pour la ville. Cet argent aurait pu être utilisé pour offrir un vrai
service public de vélos en libre-service. (...)
Le projet Vélo-18 (projet de vélo en libre-service du 18è arrondissement) démontre qu’il est possible
d’offrir des vélos en libre-service au même coût que JCDecaux mais sans couplage avec un marché de publicité et dans une authentique démarche d’économie sociale et solidaire à l’échelle de la
capitale."
On peut en effet être choqué par les termes de l'appel d'offre de la mairie de Paris, qui associait la construction d'un système de mise à disposition de vélos et la mise en place de panneaux
d'affichage publicitaires. Du sur mesure pour JC Décaux et ses concurrents !
Par Pierre W. Johnson
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Le
concept de Greeters nous vient, une fois n'est pas coutume, d'outre-Manche et d'outre-Atlantique.
Il s'agit tout simplement d'organiser, de ré-inventer l'hospitalité, dans nos villes modernes, souvent un peu anonymes pour les visiters.
Un greeter, est un habitant d'une ville, membre d'un réseau ou d'une association, qui accepte de passer environ deux heures avec un ou une visiteur pour lui faire découvrir un aspect de la ville
qui l'intéresse. Une règle de base est le bénévolat et la gratuité du service. L'hospitalité est réelle. Ensuite, la rencontre du visiteur et du greeter se prépare à distance, grâce à un petit
questionnaire, qui permet au greeter de savoir quel aspect de la ville le visiteur souhaite connaître. Ce peut être l'art, les cafés, une balade en vélo, les quartiers historiques, etc. ou tout
autre aspect que le greeter essaiera de mettre en valeur.
Sympathique, non ?
Site des Greeters de Nantes
A Paris, l'association Ca se visite, propose de même des balades urbaines. Mais, contrairement aux greeters, elle demande une adhésion et une
contribution modeste aux visites.
Si vous allez à New York, n'oubliez pas les Big Apple Greeters
Par Pierre W. Johnson
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